ND3P - Mardi 25 décembre 2012

Fête de La Nativité

« Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5).

Frères et sœurs, Aujourd’hui se renouvelle le mystère de Noël. Devant la grandeur d’un tel événement, comment ne pas avouer l’impuissance de nos paroles. Comment concevoir que le Fils unique, de même nature que le Père, ait voulu revêtir la fragilité de notre humanité pour opérer notre salut ? Comment la fragilité de cette humanité, marquée par le péché, pourrait-elle sonder le secret de cette Naissance que nous fêtons depuis plus de 2000 ans ? …

Ce matin, nous sommes comme les bergers qui précèdent les mages. Ils n’ont pas tout compris, mais ils se sont approchés de l’étable de Bethléem. Ils sont là et nous sommes là avec eux, avec Marie et Joseph, avec tous ceux qui se rassemblent pour accueillir Celui qui s’est fait petit enfant afin de nous révéler le visage de Dieu. Il était Dieu et il s’est fait homme. Il a pris notre humanité sans perdre sa divinité. Il s’est fait humble et il est demeuré sublime. Il est né homme, il n’a pas cessé d’être Dieu.

Avec Marie, nous contemplons le visage de cet enfant qui apporte au monde le salut. Enveloppé de langes et déposé dans la mangeoire, il vient ouvrir les cœurs fermés et blessés par le péché. C’est Dieu qui vient nous visiter pour guider nos pas au chemin de la paix. Avec Marie, nous contemplons, en les méditant dans notre cœur, ces évènements qui entourent le mystère de Noël, et suscitent en nous la paix et la joie. 

Noël, c’est un mystère de joie ! Les anges l’ont chanté dans la nuit : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime ». Ils ont présenté aux bergers l’événement comme « une grande joie pour tout le peuple » . Une joie, malgré l’éloignement du domicile, la pauvreté de la mangeoire, l’indifférence du peuple, l’hostilité du pouvoir. Mystère de joie malgré tout, car, dans la cité de David, mais pour le monde entier « aujourd’hui est né un Sauveur ».
L’Église prend part à cette même joie, elle qui est remplie en ce jour de la lumière du Fils de Dieu : les ténèbres ne pourront jamais l’obscurcir, malgré la faiblesse des hommes et les attaques de ceux qui voudraient la réduire au silence.

Noël, c’est un mystère d’amour ! Amour du Père, qui a envoyé dans le monde son Fils unique, pour nous faire don de sa vie et de son amour. Il veut nous faire passer des ténèbres à la lumière, de la haine à l’amour, de la mort à la vie. Ce Prince de la paix, né aujourd’hui à Bethléem, donnera sa vie sur le Golgotha afin que règne l’amour sur la terre. Il compte sur nous pour poursuivre cette lutte pour défendre la vie, promouvoir la paix et dénoncer toutes formes de violence.

Noël, c’est un mystère de paix ! De la grotte de Bethléem s’élève aujourd’hui un appel pressant pour que le monde ne cède pas à la méfiance et au soupçon, à l’indifférence religieuse qui conduit à la négation de Dieu et au mépris de l’homme. Les croyants de toutes les religions, ainsi que les hommes de bonne volonté, bannissant toute forme d’intolérance et de discrimination, sont appelés à construire la paix. Aujourd’hui encore, la paix est menacée par la violence qui s’exprime partout dans le monde, y compris chez nous en divers formes. L’enfant divin né à Bethléem nous apporte en ses petites mains le secret de la paix pour l’humanité. C’est lui le Prince de la paix !

Mystère de Dieu qui nous parle en son Fils Jésus ! Avec Toi, ô Vierge Marie, nous nous arrêtons pour méditer devant la mangeoire où repose l’Enfant de Bethléem, pour partager ton émerveillement face à l’immense bienveillance de Dieu. Donne-nous ton regard, ô Marie, pour déchiffrer le mystère qui se cache sous les membres fragiles de ton Fils. Apprends-nous à reconnaître son visage sur celui des enfants de toute race et de toute culture. Aide-nous à être des témoins crédibles de son message de paix et d’amour, afin que les hommes et les femmes de notre temps sachent, eux aussi, reconnaître dans l’Enfant qui est entre tes bras, l’unique Sauveur du monde, source intarissable de la paix véritable à laquelle nous aspirons tous au plus profondément de nous mêmes. C’est vraiment lui qui est notre paix. Un nouveau-né sans défense dans l’humilité d’une grotte. Il donne l’espérance à ceux qui sont écrasés par le doute et le découragement. Il vient guérir les blessés de la vie et redonner un sens même à la mort.

Frères et sœurs, hâtons-nous, comme les bergers à Bethléem, tenons-nous en adoration dans la grotte, fixant le regard sur le Christ Rédempteur ! En lui nous pouvons reconnaître les traits de chaque petit être humain qui vient à la lumière, quelles que soient la race et la nation auxquelles il appartient. C’est l’enfant d’Israël ou de Palestine ; c’est l’enfant de l’Irak ou des États-Unis ; c’est l’enfant de Kaboul ou d’Afghanistan ; c’est l’enfant noir ou l’enfant blanc, ou le pauvre ou le riche … Aujourd’hui, notre pensée se tourne vers tous les enfants du monde : nombreux, trop nombreux sont les enfants qui dès leur naissance sont condamnés sans faute de leur part à souffrir des conséquences de la guerre, de la violence familiale et de la séparation des parents. Sauvons les enfants pour sauver l’espérance de l’humanité !...

Frères et sœurs, je vous souhaite d’accueillir dans cette fête de Noël, la joie, la paix et l’amour qui nous viennent de Dieu lui-même, en son Fils Jésus qui a pris notre humanité. Laissez le Christ illuminer votre vie pour que le monde soit éclairée par la lumière qui nous vient de cet enfant « l’Emmanuel : Dieu avec nous … »
Joyeux Noël à tous !…