ND3P - Jeudi 1er Novembre 2012

Fête des Saints

Si une foule de 144.000 personnes nous accueille là-haut, nous risquons d’être impressionnés !... D’autant plus qu’il s’agit d’un chiffre symbolique dans la Bible. 12, c’est le nombre de tribus d’Israël, multiplié par 12, le nombre des apôtres ; puis multiplié par 1000, le chiffre de l’infini pour signifier la multitude innombrable dont parle le Livre de l’Apocalypse. Voilà une armée dont les puissants de la terre rêveraient pouvoir disposer ; ils constituent la foule immense des saints !...

L’enseignement que Jésus donne sur la montagne dans l’Evangile que nous venons d’entendre, devrait cependant nous rassurer. Cette foule immense que nul ne peut dénombrer, représente toutes nations, races, peuples et langues, selon le Livre de l’Apocalypse. Dans cette foule immense, nous reconnaissons les témoins de l’Ancien Testament, à partir d’Abel, d’Abraham, le père des croyants, puis ceux du Nouveau Testament, les martyrs et les saints depuis plus de 2OOO ans. Tous unis par la volonté de vivre concrètement l’Evangile, ils sont restés fidèles au Christ qui les a introduits dans la sainteté de Dieu. Il y a tous ceux que le Bienheureux Jean Paul II appelait ‘les saints anonymes’ : des pères et des mères de familles à l’image de Louis et Zélie Martin, parents de Ste Thérèse de l’enfant Jésus. Des prêtres à l’image du Curé d’Ars, de St Louis-Marie Grignon de Monfort, Pierre Monnereau, Louis-Marie Baudouin, Henri Dorie et bien d’autres. Des religieuses comme Sr Marie Louise Trichet, Sr Faustine, Ste Thérèse d’Avila, Sr Emmanuelle, Mère Thérésa et bien d’autres … et combien de missionnaires prêtres, religieux ou laïcs. Sans oublier des enfants et des jeunes comme le bienheureux Pierre Giorgio Frassati ou Saint Dominique Savio. Il y a aussi les pauvres de cœurs, les doux et compatissant, les affamés de justice et les miséricordieux, les purs et pacifiques, selon cette foule rassemblés devant Jésus.

Tous, configurés au Christ par leur vie, participent à la sainteté de ‘celui qui les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière’, selon l’apôtre Pierre » Désormais ils sont saint parce devenus semblables à Dieu, maintenant qu’ils le voient tel qu’il est, explique St Jean dans la seconde lecture.

Mais comment cela peut-il se faire, puisque Dieu seul est ‘ Saint’ ?... L’Ange de l’Apocalypse nous répond : les 144.000 ‘ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau’. Voilà pourquoi ils exultent, et se tenant ‘debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main, ils proclament d’une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l’Agneau !... »’.

Ce n’est pas le chemin de la facilité, si on en juge par les Béatitudes que nous venons d’entendre. Comme nous, ils cherchaient le bonheur car c’est le désir le plus fort et le plus profond en chacun de nous, mais sans y jamais y parvenir pleinement. Il faut bien reconnaître que souvent nous cherchons le bonheur sur les chemins faciles. Beaucoup aujourd’hui s’égarent sur ces chemins qui conduisent à des impasses, à des désillusions et quelques fois même, à la désespérance.

En regardant la foule rassemblée devant lui sur la montagne, comme nous ce matin, Jésus indique le chemin qui conduit au bonheur ; c’est le chemin de la sainteté, certes plus exigeant, mais plus sûr. Il conduit à Dieu ceux qui gravissent la montagne des Béatitudes en suivant Jésus. Avec ces 9 béatitudes, Jésus nous indique le chemin du ciel, en déclarant « Heureux » ceux qui ont une âme de pauvre, les doux et les affligés, les affamés et les assoiffés de justice, les miséricordieux, les cœurs purs et les artisans de paix. A cette liste, il ajoute même les persécutés pour la justice et ceux qui le sont à cause de lui.

Ainsi, ‘Les saints, depuis toujours, sont les témoins les plus crédibles de la foi chrétienne (…)’ explique le Père Federico Lombardi (responsable de la salle de presse du Vatican), ajoutant que : ‘sans eux l’Eglise ne peut vivre et répandre efficacement l’Evangile …’

Les saints sont des « modèles efficaces » pour la Nouvelle évangélisation : c’est le synode des évêques qui vient de l’affirmer dans la « proposition 23 ». « L’appel universel à la sainteté est constitutive de la nouvelle évangélisation, qui voit dans les saints des modèles efficaces de la variété des formes dans lesquelles cette vocation peut être réalisée », disent les pères synodaux.

Les saints que nous fêtons aujourd’hui, nous montrent le chemin du ciel, tel le Saint Curé d’Ars. Ceux qui sont allés à Ars, ce petit village près de Lyon, connaissent sans doute l’histoire émouvante de sa première rencontre avec un jeune paroissien. Alors que le jeune Jean-Marie Vianney, se rend à Ars sans bien connaître le chemin, le 11 février 1818, pour y rencontrer ses paroissiens, il croise sur sa route un jeune garçon dénommé Antoine Givre, à qui il demande de lui indiquer sa route. « Ars, lui répond le jeune berger âgé de 12 ans, montrant du doigt dans le lointain brumeux où se situe le village : ‘mais c’est par là, Monsieur le Curé ; après, c’est facile, c’est tout droit !...’ Et Jean-Marie Vianney, le futur saint curé d’Ars de le quitter en lui laissant cette promesse d’avenir : ‘Tu m’as montré le chemin d’Ars, je te montrerai le chemin du ciel !...’

Il se trouve que le Saint Curé d’Ars est mort le 4 août 1859 et que le Registre catholique de la paroisse d’Ars mentionne, 5 jour plus tard, le 9 août, le décès d’Antoine Givre, alors âgé de 53 ans. Précédant de quatre jours dans la tombe, celui qui, 41 ans plus tôt, lui avait montré le chemin de sa nouvelle paroisse, Jean-Marie Vianney, le Saint Curé d’Ars avait tenu sa promesse en montrant le chemin et en ouvrant les portes du ciel pour y introduire Antoine Givre.

Cette histoire confirme que les saints nous montrent le chemin du ciel, c’est-à-dire, le chemin qui conduit à Dieu. Ils ont rencontré Jésus ; ils l’ont suivi tout au long de leur vie ; ils ont vécu tellement proche de lui et en communion avec lui, qu’ils ont compris que c’est en Lui qu’ont trouve le vrai Bonheur. En vivant les Béatitudes, ils sont entrés dans la sainteté de Dieu.
La joie de l’Eglise en célébrant tous les saints, connus ou inconnus, expriment sa reconnaissance pour ceux qui depuis le début de l’histoire nous montre, comme le saint curé d’Ars, le chemin du ciel. Par l’exemple de leur vie en proximité avec Dieu, ils éclairent notre marche sur le chemin des Béatitudes qui conduits à la Sainteté. Tous, à l’image du curé d’Ars, ils nous montrent le chemin du ciel en vivant tout simplement et dans l’Esprit des Béatitudes.

Frères et sœurs, chers amis, dans la communion des saints du ciel, entrons à présent dans le coeur de la Célébration eucharistique, dans laquelle Jésus nous donne sa vie pour que nous puissions vivre en présence de Dieu. Invoquons la Vierge Marie, Mère de Dieu, miroir de toute sainteté étoile de la Nouvelle Evangélisation, afin qu’elle intercède auprès de Lui, pour que nous devenions comme ceux que nous fêtons aujourd’hui, laissant briller dans notre vie, la lumière du Christ qui révèle le visage de Dieu. Amen !...