ND3P - Dimanche 28 octobre 2012


Dimanche dernier, à l’occasion du lancement de l’année de catéchèse avec les enfants et les catéchistes, je formulais le vœu qu’ils entrent dans cette année de catéchèse avec le désir, non seulement d’apprendre à connaître Jésus, mais surtout, le désir de le rencontrer comme les disciples à Emmaüs. C’est d’ailleurs le but de la catéchèse et de l’Evangélisation.

J’ai ajouté que l’Année de la foi ouverte par le pape Benoît XVI le 11 octobre dernier, au jour du 50ème anniversaire de l’Ouverture du Concile Vatican II, offrait à tous les baptisés, parents et grands parents, enfants et jeunes, l’occasion d’approfondir notre foi et notre relation avec Dieu.

L’Evangile de ce jour, nous fait revivre une rencontre de Jésus avec un aveugle croisé sur sa route. Cet homme est en plus, à l’écart de la société, obligé de mendié pour se nourrir. Pourtant, il a en lui le désir de le rencontrer, puisque « apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi !... » Bartimée est aveugle, mais pas muet. Alors qu’on veut le faire taire, il crie de plus belle et avec conviction vers Jésus : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi … »

Et avec son humour et sa délicatesse, Jésus demande à ceux-là même qui cherchaient à étouffer les cris de Bartimée et l’écarter, de lui amener ce pauvre homme. C’est eux qui, alors, lui disent : « Confiance, lèvre-toi, il t’appelle !... »

Bartimée est touché au plus profond de lui-même par l’invitation de Jésus. Il jette son manteau, et renonce ainsi à ce qui faisait son identité pour abandonner sa carapace et ce qui l’abritait du froid de la nuit et du regard des hommes. Lui qui est aveugle, il marche vers Jésus avec assurance.

Touché par l’élan et la confiance de cet homme, Jésus veut qu’il recouvre pleinement sa dignité. Il demande alors à Bartimée d’exprimer ce qu’il désire : « Que veux-tu que je fasse pour toi ?... ». Sa demande est précise : « Seigneur, que je voie !… ». La réponse de Jésus l’est tout autant : « Va ta foi t’a sauvé. »

Ainsi, Bartimée est sauvé par sa foi en Jésus. Il désirait le rencontrer et Jésus était tout proche de lui. Le seigneur Dieu lui donne de voir non seulement avec les yeux de sa tête, mais aussi, avec les yeux du cœur. C’est le don de la foi, la lumière qui éclaire le regard et illumine la vie de ceux qui suivre le Christ Jésus.

Ainsi, Bartimée devient une figure exemplaire pour nous et tous ceux qui désirent voir Dieu. Alors que son infirmité le maintenait en marge de tout, au bord d’un chemin, il a découvert la présence bienveillante de Dieu présent à ses côtés, au cœur de sa nuit.

Réjouissons-nous, frères et sœurs, car la joie de Bartimée est la nôtre ; son histoire, c’est notre histoire. Ce que Jésus vient de faire pour Bartimée, il l’a fait pour nous au jour de notre baptême. Au jour de notre baptême, en devenant chrétien, enfant de Dieu, nous avons reçu la lumière de la foi qui permet de voir Dieu. C’est l’illumination des catéchumènes ; c’est ainsi que les premiers chrétiens désignaient le baptême. Bartimée se met en marche pour suivre Jésus sur la route parce qu’il vient de voir Celui qui sauve, percevant déjà la lumière du Christ ressuscité au matin de Pâques.

Alors que nous venons tout juste de franchir la porte de l’Année de la Foi, nous sommes appelés à faire la rencontre avec le Christ. Reconnaissons que nous sommes mendiants et aveugles comme Bartimée. Mendiants, c’est-à-dire toujours en quête de la Vérité sur nous-mêmes et sur Dieu ; en quête de sens pour notre vie. Aveugles, parce que nous ne voyons pas très loin dans l’espace et le temps. Bien souvent, notre regard est aveuglé par toutes ces lumières médiatiques qui développent la culture de la mort et jettent la confusion entre le bien et le mal. C’est aussi le péché qui nous aveugle sur nous même, sur les autres et sur Dieu.

Pour bien entrer dans l’Année de la foi, laissons raisonner au plus profond de nous-mêmes, l’invitation de Jésus à Bartimée : « Confiance, lève-toi, il t’appelle !... » Le Christ veut réveiller en nous la foi qui sommeille, car nous l’avons déjà reçu à notre baptême. Il veut ranimer en nous la lumière qui illumine le regard de ceux qui se tournent vers Dieu en suivant le Christ ; y compris lorsque la route traverse le désert de l’ignorance. Le Saint-Père Benoît XVI, lors de l’homélie de la messe d’ouverture de l’Année de la Foi, désigne la « désertification spirituelle », en nous encourageant car « c’est justement à partir de l’expérience de ce désert, de ce vide, que nous pouvons découvrir à nouveau la joie de croire et son importance vitale pour nous chrétiens. Dans le désert, on redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre »

Je suis persuadé que dans cette année de la foi, Jésus veut faire pour nous, ce qu’il vient de faire pour Bartimée qui se met à suivre Jésus. En ravivant notre joie de croire, il veut le faire de nous des ouvriers de l’Evangile qui n’ont plus peur d’annoncer le Christ ressuscité.

Dans leur message au peuple de Dieu pour la fin du Synode, les évêques et le pape, soulignent l’urgence de « la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne », confirmant le rôle essentiel de la famille. Ils nous invitent à nous insérer dans le long chemin de la proclamation de l’Évangile, avec le zèle apostolique de l’apôtre Paul qui en vient à dire : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile !... »

Que brille pour chacun, la lumière de la foi qui permet de voir ce que nos yeux sont encore incapable de voir. Avec confiance, nous nous en remettons à la Vierge Marie, l’Étoile de la nouvelle évangélisation pour qu’elle nous oriente sur le chemin du Christ à la suite de Bartimée, des saints que nous allons fêter le 1er novembre, et de tous ceux qui depuis plus de 2000 ans, ont marché à la suite du Christ ressuscité !...