ND3P - Dimanche 14 octobre 2012

L’année de la Foi

Quelques soient les souvenirs que nous avons du Concile Vatican II au moment de son ouverture, le 11 octobre 1962, c’est avec une joie profonde que nous sommes entrés dans l’Année de la foi, avec l’Eglise Universelle.

La célébration du 50ème anniversaire de son ouverture et l’Année de la foi promulguée par le Pape Benoît XVI, et le 20ème anniversaire de la publication du catéchisme de l’Eglise catholique, nous offre la grâce de renouveler l’espérance que le Concile a apportée à l’Eglise ; espérance fondée sur le Christ mort et ressuscité pour nous libérer et nous sauver.

Dès la convocation du Concile, le Bienheureux Jean XXIII lui assigne un but : ’rendre accessible au plus grand nombre le mystère du Salut, dans la fidélité à la foi catholique’. Par la suite, le pape Paul VI [...] précisera : « Cette promulgation ne change rien à la doctrine traditionnelle. Ce que veut le Christ, nous le voulons aussi. Ce qui était, demeure. Ce que l’Eglise a enseigné pendant des siècles, nous l’enseignons également. Ce qui était jusqu’ici simplement vécu se trouve maintenant exprimé, ce qui était incertain est éclairci, ce qui était médité, discuté et en partie controversé parvient à une formulation sereine »

Jeudi soir, lors de la célébration des Vigiles pour l’ouverture de l’Année de la foi, notre évêque Mgr CASTET dans son homélie explique que « nous ne pouvons pas limiter cette Année de la foi à une simple commémoration, ni même au renouveau pourtant souhaitable de notre foi. Elle nous engage [...] à être témoins du Christ, Lumière des Peuples au sein d’une Eglise missionnaire ». Il s’agit de se ’... laisser habiter par la passion de communiquer la foi que nous avons reçue gratuitement ...’ précise Mgr CASTET.

Rappelant qu’après le Concile, ’l’Eglise s’est engagée dans un long processus de réception [...] toujours pas achevé’, ainsi que les difficultés et les controverses’, notre évêque a tenu a souligné l’engagement du pape, en continuité avec le Bienheureux Jean-Paul II : « en faveur d’une juste compréhension du concile promouvant une « herméneutique de la réforme » et de la continuité, et non pas de la rupture. Evoquant une ’lecture superficielle ou sociologique du Concile, bien trop souvent retenue unilatéralement par une certaine presse’, Mgr Castet explique comment celle-ci a ’conduit à tort les uns à considérer Vatican II comme la fin d’un monde en se figeant dans une idéalisation du passé et les autres à le regarder comme une nouveauté absolue, négligeant le pèlerinage bimillénaire de l’Eglise’.

Indiquant que la véritable réception du concile en est à ses débuts, Mgr CASTET cite le pape : « il convient de revenir aux documents conciliaires en les libérant d’une masse de publications qui les ont souvent cachés au lieu de les faire connaître. Ils sont pour notre temps aussi une boussole permettant à la barque de l’Eglise de naviguer en haute mer. »

Evoquant le 20ème anniversaire de la publication du Catéchisme de l’Eglise Catholique, notre évêque le qualifie de ’fruit authentique du Concile Vatican II’ dont il entend favoriser la réception et de ’symphonie de la foi’ qui propose un texte de référence sûr. Citant l’abrégé et le Youcat proposé aux plus jeunes, Mgr CASTET nous invite à ’l’accueillir comme une référence solide pour la prédication, la catéchèse et la préparation aux sacrements...

Frères et sœurs, chers amis, c’est l’enjeu de cet anniversaire qui nous fait entrée dans l’Année de la Foi qui selon Mgr CASTET veut : « favoriser une redécouverte de la foi et une conversion renouvelée au Seigneur Jésus. La foi consiste dans une adhésion personnelle de l’homme à Dieu dans une rencontre véritable, mais aussi dans un assentiment libre à toutes les vérités que Dieu a révélées et que nous proclamons dans le Credo ».

Evoquant la situation actuelle, Mgr Castet, s’appuie sur le diagnostic du pape Benoit XVI dans la lettre Porta fidei, en le citant : « II arrive désormais fréquemment que les chrétiens s’intéressent surtout aux conséquences sociales, culturelles et politiques de leur engagement, continuant à penser la foi comme un présupposé évident du vivre en commun ... » alors que nous sommes dans ’une profonde crise de la foi’.

En ouvrant au Vatican le synode sur la « nouvelle évangélisation », le pape Benoît XV ! a mis en garde conte la ’tiédeur’ qui aujourd’hui ’discrédite le christianisme’ et le « le tsunami de la sécularisation » qui balaie les Eglises en Occident. Un cardinal Américain parle d’un « tsunami d’influence séculière qui s’est abattu sur l’ensemble du paysage culturel, emportant avec lui des repères sociaux tels que le mariage, la famille ». !! y a urgence pour les catholiques à « se ressaisir clairement de leur identité », La veille, Benoît XVI avait demandé aux chrétiens de « se convertir » intérieurement, évoquant leur « fragilité ».

Chers amis, frères et sœurs, II y a bien une cohérence et une convergence entre l’Année de la foi et le chemin que l’Église a parcouru depuis 50 ans, puisqu’il s’agit d’annoncer à Jésus-Christ comme unique Sauveur, hier, aujourd’hui et pour toujours.

Evoquant sa participation au Concile, le pape Benoît XVI témoigne de le ’.„. devoir commun de faire resplendir la vérité et la beauté de la foi dans l’aujourd’hui de notre temps [...]’, indiquant que : « ... que la chose la plus importante, [...] est de raviver dans toute l’Église [...] ce désir d’annoncer à nouveau le Christ à l’homme contemporain ... ».

Benoît XVI nous invite à suivre « ... la direction authentique que le Bienheureux Jean XXIII a voulu imprimer à Vatican II, [pour] la rendre actuelle durant toute cette Année de la foi, dans l’unique voie de l’Église qui veut continuellement approfondir le dépôt de la foi que le Christ lui a confié. Les Pères conciliaires entendaient présenter la foi de façon efficace [...] dans la confiance au dialogue avec le monde moderne, justement parce qu’ils étaient sûrs de leur foi, de la solidité du roc sur lequel ils s’appuyaient En revanche, dans les années qui ont suivi, beaucoup ont accueilli sans discernement la mentalité dominante, mettant en discussion les fondements même du depositum fidei qu’ils ne ressentaient malheureusement plus comme leurs dans toute leur vérité. »

Le pape précise que : « Si aujourd’hui l’Église propose une nouvelle Année de la foi ainsi que la nouvelle évangélisation, c’est [...] parce qu’on en a besoin ... ». Faisant le constat de ce qui appelle la ’désertification spirituelle’, c’est-à-dire d’une vie, d’un monde sans Dieu, le pape invite ’justement à partir de l’expérience de ce désert, de ce vide’ a ’découvrir de nouveau la joie de croire [...] ; ajoutant que ’Dans te désert on redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre’. Benoît XVI évoque ’dans le monde contemporain les signes de la soif de Dieu, du sens ultime de la vie’, d’où le besoin ’dans le désert [...] de personnes de foi qui, par l’exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre promise et ainsi tiennent en éveil l’espérance. La foi vécue ouvre le cœur à la Grâce de Dieu qui libère du pessimisme. Aujourd’hui plus que jamais évangéliser signifie témoigner d’une vie nouvelle, transformée par Dieu, et ainsi indiquer le chemin »’.

’L’appel à une nouvelle évangélisation naît de la présence fidèle et intime du Christ ressuscité à son Eglise et résonne à toutes les générations pour qu’à situations nouvelles, nous trouvions des chemins nouveaux’, précise notre évêque. A propos des ’jours difficiles pour l’avenir de la famille fondement de toute société’, prolongeant les parole du pape appelant à refuser toute conception défectueuse de la personne et de la nature humaine, notre évêque nous invite à témoigner ’de la beauté de l’engagement libre et définitif d’un homme et d’une femme et de leur accueil généreux de la vie’.

Enfin, évoquant l’importance de la fréquentation des lieux de pèlerinage, le pape nous suggère de ’penser cette Année de la foi [comme] un pèlerinage dans les déserts du monde contemporain [...], précisant que ’l’Évangile et la foi de l’Église dont les documents du Concile, sont l’expression lumineuse, comme l’est également le Catéchisme de l’Église catholique, publié il y a 20 ans maintenant... ».

Avec le pape, nous confions « l’Année de la foi [...] à la Vierge Marie, Mère de Dieu, Notre Dame du Rosaire. Que la Vierge Marie brille toujours comme l’étoile sur le chemin de la nouvelle évangélisation. Qu’elle nous aide à mettre en pratique l’exhortation de l’Apôtre Paul : « Que la Parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez- vous et reprenez-vous les uns les autres avec une vraie sagesse ... »