ND des Trois Provinces - Dimanche 9 octobre 2011

Nous sommes les invités de Dieu

Nous sommes les invités de Dieu. Chaque dimanche, Dieu nous invite largement, les mauvais comme les bons, car il aime rassembler son peuple pour le nourrir de sa Parole et de son Pain de Vie. Dieu nous invite pour nous affermir dans le Christ qui s’est fait proche de nous pour que nous soyons proches de lui, enracinés et fondés dans la foi.

Nous sommes les invités de Dieu pour un repas de fête, selon la prophétie d’Isaïe dans la première lecture annonçant le jour où Dieu préparera pour tous les peuples un véritable « festin de viandes grasses et de vins capiteux … ». Ce jour-là, le ‘Seigneur détruira la mort pour toujours’. Ce jour-là, on pourra se réjouir en reconnaissant que Dieu, celui en qui nous espérions, nous a sauvés. Il ne s’agit pas de n’importe quel repas pour n’importe quelle fête, pour s’éclater ou pour oublier les soucis de la vie, mais un festin divin. C’est Dieu qui invite parce qu’il nous aime ; c’est le Fils qui reçoit dans son amour ; c’est l’Esprit-Saint qui donne le feu de l’amour.

Ainsi, dans sa lettre aux Philippiens, l’apôtre Paul nous recentre sur le Christ en qui « … Dieu subviendra magnifiquement à tous nos besoins selon sa richesse ». Nous savons désormais, que cette richesse, c’est la miséricorde, comme l’explique le bienheureux Jean Paul II, dans son encyclique parue en 1980 : « Dieu riche en miséricorde … »

Saint Faustine et Jean Paul II que j’ai eu l’occasion de redécouvrir durant le pèlerinage que je viens d’accompagner en Pologne, sont devenus pur l’Eglise les apôtres de la miséricorde divine dont notre époque a tant besoin. Celui qui ouvre son cœur à la miséricorde divine peut alors regarder le monde avec le cœur de Dieu qui dès le commencement regarde l’œuvre de la création et « Dieu vit que cela était bon ».

Ce Dieu qui invite au festin annonce le jour où l’on pourra se réjouir, car ce sera la fin du deuil, de l’humiliation et même de la victoire de la vie sur la mort. Ce Dieu invite largement comme le père qui invite pour fêter le mariage de son fils, l’Alliance du Christ et de l’Eglise, son épouse.

Malheureusement, cette richesse de la miséricorde, beaucoup la refusent, aujourd’hui comme hier. Dans l’Evangile, Jésus nous donne à voir ce roi qui invite largement aux noces de son fils, mais sans succès. Il y a beaucoup d’invités, mais ils ne viennent pas. Certains ne veulent pas venir, d’autres sont accaparés par leurs bêtes et leurs bestiaux, d’autres encore ne tiennent même pas compte de l’invitation, sans allant à leurs champs ou à leurs commerces. Ils ne viennent pas, invoquant de multiples bonnes raisons car ils n’ont pas compris que Dieu offre gratuitement ce qu’ils cherchent ailleurs dans les produits éphémères de la société de consommation. Il y en a même qui maltraitent et tuent les serviteurs, d’aujourd’hui, comme hier. Je pense aux martyrs de la Vendée. Plus proche de nous des contemporains, comme le Père Maximilien, Kolbe à Niepokalanow et le Bienheureux Jerzy Popielusko, à Varsovie : deux martyrs de l’église Polonaise. On continue de massacrer les serviteurs de Dieu.

Alors, le roi invite encore plus largement, les mauvais comme les bons, les pauvres comme les riches, ceux qui réussissent comme ceux qui sont en échecs, les étrangers comme les habitués. Ils viennent, ils sont là, ils sont les bienvenus. Sauf l’un d’eux que Jésus interpelle, mais qui se murent dans son silence car il n’a pas le vêtesment des noces. Son cœur n’est pas prêt !...

Frères et sœurs, invités de la première ou de la dernière heure, nous devons nous interroger. Sommes-nous à la hauteur de l’invitation du Seigneur qui exige le vêtement de la fête ?... Sommes-nous à la hauteur de l’évènement qui nous rassemble pour écouter Dieu et communier à sa vie ?... Bien sûr, juste avant la communion, nous dirons ensemble : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir … » ajoutant « …. Mais dis seulement une parole et je serai guéri … » Mais sommes-nous prêt à entendre sa Parole lorsqu’elle dérange le train-train de nos habitudes et de nos mentalités bien ficelées ?...

Bien sûr, nous avons reçu le vêtement des noces à notre baptême, comme ceux qui sont invités. Mais, nous pourrions être comme ceux qui manifestent de l’indifférence, voire même de l’hostilité lorsque Dieu appelle à prendre le vêtement du service. Car finalement, n’est-ce pas l’habit du cœur, celui de la charité et de la solidarité qu’il nous faut revêtir pour être digne de l’invitation de Dieu ?...

Invités au repas de l’Eucharistie institué par Jésus la veille de sa mort, nous sommes là pour le festin qui nourrit notre vie à celle du Christ ressuscité. Festin divin parce que depuis la résurrection du Christ, la mort n’est pas le dernier mot de la vie. La religion chrétienne n’est pas triste puisqu’elle ouvre à l’éternité de la Vie en Dieu.

Alors, soyons digne de l’invitation qui nous est faite chaque dimanche, non pas seulement lorsque nous n’avons rien d’autre à faire, ni même en répondant par obligation, mais fidèlement, avec le désir profond d’ouvrir notre cœur à la miséricorde de Dieu.

Si nous nous obligeons à répondre à son invitation, c’est avec la conviction que Dieu nous rassemble pour nous affermir en Christ en qui nous recevons notre bonheur de vivre, notre joie de servir et d’aimer en vérité. Notre réponse à l’invitation de Dieu nos engage à porter le manteau de la charité et de la justice, de la bonté et de la miséricorde. Si non, nous risquerions d’être comme l’invité indigne d’un tel festin que le roi fait jeter dehors.

Pour terminer, je reprends le souhait du pape Benoît XVI aux jeunes rassemblés à Madrid. Vous l’avez à l’entête de votre feuille de chants : « Que le feu de l’amour du Christ ne s’éteigne jamais dans vos cœurs !... […] Prions les uns pour les autres afin que nous puissions être de joyeux témoins du Christ, aujourd’hui et toujours … »

Frères et sœurs, soyons dignes de l’invitation du Seigneur, toujours prêts à y répondre en revêtant le vêtement de la fête, le tablier du service et le manteau de la charité !…