ND des Trois Provinces - Dimanche 8 janvier

Nous avons vu se lever son étoile ...

En ce temps de Noël, une force semble se dégager de cet enfant emmailloté, déposé dans une mangeoire comme si on l’avait abandonné parmi les isolés et abandonnés, d’hier et d’aujourd’hui. Pourtant, cet enfant attire ; on vient de partout, de près et de loin ; des bergers pour le voir et des mages pour l’adorer. Des bergers guidés par la voix de l’ange venu leur annoncer la Bonne Nouvelle ; puis des mages guidés par une étoile. Les uns et les autres, éclairés par la lumière dans la nuit, se sont laissés conduire jusqu’au Messie-Sauveur. Qu’ils soient partis des environs ou venus de très loin, ils se sont approchés de Dieu qui, dans la nuit de Noël, s’est fait proche de nous dans le regard de cet enfant.

Les Mages d’Orient inaugurent la marche des peuples vers le Christ. Ces hommes de sciences, ces astronomes ont suivi une étoile en laquelle ils ont reconnu l’étoile de la promesse, celle qui indique la route vers le vrai Roi et Sauveur. Leur voyage inaugure le pèlerinage de l’humanité en marche vers le Messie né dans l’étable de Bethléem, mort sur la croix du Golgotha, et ressuscité au matin de Pâques. Leur pèlerinage marque ainsi dans la liturgie le début d’une grande procession qui continue tout au long de l’histoire.

Le pèlerinage de ces hommes, après le déplacement des bergers venus des environs, confirme que Dieu s’est fait petit enfant pour tous : pour les âmes simples comme pour les sages de ce monde ; pour les grands comme pour les petits ; pour les rois comme pour les serviteurs ; pour les hommes de toutes les cultures et de tous les peuples. Les hommes d’Orient sont les premiers, suivis par tant d’autres, tout au long des siècles. Ne les opposons pas. Ils nous représentent dans le pèlerinage de la foi et de l’espérance.

A l’heure de la nouvelle Evangélisation, leur parcours nous éclaire puisqu’il a commencé par l’étonnement et l’interrogation. L’étonnement des bergers qui ont entendu la voix de l’ange leur annoncé une bonne nouvelle, « une grande joie pour tout le peuple », la naissance du sauveur. L’interrogation des mages, des savants, non pas des rois mais des astrologues qui scrutent le ciel, eux aussi, en quête de vérité. Ils sont à la croisée de la science, de la philosophie et de la religion, autrement dit, de la foi et de la raison. Habitués à regarder les étoiles dans le ciel, voilà qu’ils sont guidés par une étoile jusqu’à l’enfant qui vient du ciel. Ils représentent le monde païen, c’est-à-dire, ceux qui ne connaissent pas Dieu ; ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui.

Cette même attirance du Christ-Sauveur continue de rassembler les bergers et les mages depuis plus de 20 siècles ; les uns venant des environs, parce que leur histoire les a rapprochés de Dieu ; les autres venant de plus loin, parce que leur histoire les conduit aujourd’hui à chercher pour voir qui est Dieu.

Ce matin, comme chaque dimanche, nous sommes comme ces bergers et ces mages qui ont fait le déplacement pour voir et contempler l’enfant de la nuit de Noël en qui nous reconnaissons, le Messie Sauveur. Alertés par les anges ou par une étoile, par les cloches des églises ou par les témoins de la foi les chrétiens continuent de quitter leur maison et leurs activités pour se rassembler et se mettre à l’écoute du Christ, le Messie-Sauveur de l’humanité.

Nous sommes les nouveaux « Mages » illuminés par le visage de cet enfant en qui Dieu s’est manifesté, venant de partout, peut être d’au-delà de cette communauté habituelle, pour rencontrer le Christ et se laisser interpeller par l’Evangile. Nous pouvons nous reconnaître dans ces personnages qui comme les premiers païens trouvèrent le chemin vers le Christ. Nous nous reconnaissons en tous ceux qui cherchent le Christ aujourd’hui, les nouveaux mages du 21ème siècle, enfants, jeunes sou adultes.

Nous sommes ici les représentants de ceux qui sont loin et de ceux qui ont reconnu le Christ à travers les Mages, de ceux qui sont réunis dans le Peuple de Dieu. A nous qui sommes venus pour voir comme les bergers et adorer comme les mages, l’enfant de Bethléem, il nous revient maintenant d’être les missionnaires de l’espérance en allant toujours au-delà de nos groupes habituelles, de nos communautés pour nous engager dans la Nouvelle Evangélisation. Les Mages d’hier manifestent l’universalité de l’Eglise en devenant aujourd’hui les nouveaux évangélisateurs dont elle a besoin pour mettre en œuvre la Nouvelle Evangélisation.

Désormais, nous sommes guidés, non plus par l’étoile qui a conduit les Mages à Bethléem, mais par cette lumière qui a fait naître dans leur cœur le désir d’adorer le Messie-Sauveur. Nous venons nous prosterner, non plus devant l’enfant de la mangeoire, mais devant le Christ qui demeure réellement présent dans l’Eucharistie. Il nous attend et nous reçoit dans le silence comme à Bethléem. L’adoration est une présence gratuite où l’on se laisse aimer et éclairer par la lumière de ce mystère lumineux de Dieu qui s’est fait homme : mystère de l’amour triomphant de la haine, abattant les murs de la division pour rassembler dans la communion.

Cependant, comme les mages, après avoir vu et contempler l’enfant dans les bras de sa mère, il faut rentrés ensuite à la maison pour témoigner de ce que nous avons vu et entendu, sans craindre de changer de route. Comme eux, comme Marie et Joseph ont dû fuir la colère d’Hérode, il nous faut repartir par un autre chemin, non par crainte des dangers ou du martyr comme ce fût le cas pour de nombreux chrétiens dans l’histoire de l’Eglise, mais parce que leur parcours préfigure celui de tout pèlerin chercheur de Dieu. Puissions-nous avoir le courage et l’humilité de ces hommes qui ont affronté non seulement les fatigues de la route et du temps, mais aussi les obstacles d’un voyage long et incertain, parce qu’ils avaient le désir de s’incliner devant le petit enfant de Bethléem.

Les Mages d’Orient, de même que les saints en général, sont devenus pour nous, comme des étoiles qui nous guident sur le chemin de la foi dans notre pèlerinage vers Dieu. En vivant comme chrétiens, baptisés et confirmés, nous suivons le Christ qui nous appelle à être nous aussi ‘étoiles de Dieu’ pour les hommes, à les guider sur la route de la foi et de l’espérance.

Chers amis, frères et sœurs, venus de loin ou de près, puissions-nous avoir la joie de nous approcher du Christ pour le connaître avec le désir de voir Dieu.

Prions l’Esprit Saint de renouveler notre joie de croire et notre bonheur d’annoncer le Christ en lui offrant en retour, ce que le pape Jean Paul II appelait ‘l’or de notre liberté, l’encens de notre prière ardente, et la myrrhe de notre affection la plus profonde’. Avec Marie, Joseph et les bergers, demeurons quelques instants en adoration silencieuse !...