ND des Trois Provinces - Dimanche 6 novembre 2011

Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure

Heureusement que le mois de Novembre commence par la fête de la Toussaint qui en nous donnant de fêter la foule immense de ceux qui sont déjà dans la gloire de Dieu, nous dévoile l’avenir vers lequel nous sommes marche avec espérance.

Heureusement qu’il y a la joie de cette fête et ce bel automne, avec ces multiples couleurs qui habillent les arbres avant que leurs feuilles ne s’envolent au gré du vent pour recouvrir le sol, puis le nourrir durant l’hiver. En rentrant de Lourdes dimanche dernier, j’admirai la beauté de la nature dans cet automne particulièrement tempéré et paisible. C’est magnifique, la nature qui s’éclaire ainsi avec ses couleurs avant de s’endormir pour l’hiver !...

Pourtant, quel contraste avec ce qu’on dit habituellement, parlant de ces mois d’automne, et particulièrement, celui de Novembre qu’on présente comme le plus triste et le plus maussade de l’année. La pluie, le vent et les premières gelées nous préparent à entrer dans le froid de l’hiver … C’est aussi le mois qui nous offre de commémorer les défunts qui sont morts dans l’espoir de la résurrection, et tous les autres défunts, le 2 Novembre ; puis les victimes des guerres, cette semaine, le 11 Novembre.

Comme pour couronner le tout, nous nous approchons de la fin de l’année liturgique qui en tournant notre regard vers l’au-delà de cette vie, nous rappelle notre condition mortelle : la mort qui marquera la fin de notre existence sur cette terre, où plutôt, notre passage dans l’au-delà de cette vie, pour vivre pleinement en Dieu, là où Dieu nous donne rendez-vous.

Oui, heureusement que le mois de Novembre commence par la fête de la Toussaint et que suivra le mois de décembre qui sera celui des fêtes de Noël, de fin d’année et du Nouvel An, avec ses rencontres familiales et amicales et peut être même, avec ses débordements comme pour oublier les jours plus difficiles.

Nous avançons ainsi dans un monde actuellement hanté par les risques de catastrophes naturelles, comme les inondations actuelles ou celles causées par l’insouciance de l’homme. C’est aussi l’inquiétude d’un monde en crise avec ces conflits qui n’en finissent pas, la guerre qui se termine ici et qui reprend ailleurs ; l’inquiétude d’une Europe qui apparaît bien fragile avec un avenir incertain. Nous sommes face à l’extrême fragilité de la condition humaine malgré les magnifiques progrès de la science et de la technique.

Dans ce climat de morosité largement alimenté par la puissance médiatique qui s’active à cultiver les polémiques, les chrétiens ne doivent pas oublier ce qui fonde leur bonheur de croire et leur joie d’espérer : le Christ ressuscité qui est venu ouvrir le chemin, fermé par le péché, afin de nous conduire à Dieu. Nous nous situons ainsi dans l’attente active de son retour définitif à la fin des temps.

D’ailleurs, la Sagesse de Dieu dénonce l’attitude insensée de ceux qui refusent de croire à cet évènement. Toute la Liturgie, et particulièrement dans les textes que nous entendons en cette fin d’année liturgique, nous tirent de la morosité pour nous élever l’âme vers Dieu, en stimulant notre vigilance et notre prévoyance afin de nous préparer pour la rencontre avec Dieu.

Dans la deuxième lecture, parce qu’il ne veut pas nous laisser dans l’ignorance au sujet des morts, l’apôtre Paul pause une fois encore ce qui fait le cœur de la foi et de l’espérance chrétienne : « Jésus, nous le croyons est mort et ressuscité … » Paul ne veut pas que nous soyons abattus comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Et il rajoute : « Nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils … » Voilà, chers amis, de quoi apaiser notre douleur et nous réconforter les uns les autres lorsque la mort nous arrache à l’affection de ceux que nous aimons.

Pour nous entraîner plus loin encore, Jésus raconte cette parabole avec ces jeunes filles, dont il qualifie certaines ‘d’insensées’ et les autres de ‘prévoyantes’. Les unes ont fait provision d’huile pour aller à la rencontre de l’époux alors que les autres se sont laissées prendre par les préoccupations immédiates.

Qu’est-ce que cela veut dire pour nous aujourd’hui ?...
Apprendre à distinguer l’essentiel face aux urgences du quotidien. Accaparés par les tâches, les activités et les multiples sollicitations, nous risquons de nous laisser prendre par les urgences et d’oublier l’essentiel, c’est-à-dire ce qui donne du sens à la vie quotidienne, aux relations dans la famille, dans les équipes de travail, les groupes de loisirs ou tout autre lieu de vie avec les autres.

Dans l’Evangile, En racontant cette parabole, Jésus nous exhorte à la vigilance pour ne pas tomber dans l’insouciance. Il veut stimuler notre prévoyance pour garder notre lampe allumée au jour de notre baptême. C’est la lumière de la foi qui nous fait marcher dans l’espérance. Jésus nous exhorte à faire provision d’huile afin de garder allumer cette lumière de la foi, de l’espérance et de la charité ; y compris lorsque la route nous fait traverser des zones d’ombre, avec les doutes, les souffrances, les difficultés et les épreuves de la vie.

Ainsi, chaque dimanche, les chrétiens sont invités à se rassembler afin de faire provision d’huile pour garder la lampe de la foi allumée, éclairée par la Parole de Dieu et nourrit par son Eucharistie. Nous faisons provision d’huile en rencontrant le Christ qui nous révèle la Sagesse resplendissante désignée dans la première lecture, c’est-à-dire Dieu lui-même. L’auteur de ce Livre écrit que la Sagesse « … se laisse trouver par ceux qui la cherchent [… et …] … devance leurs désirs ». Il précise ensuite que « celui qui la cherche […] la trouvera assise près de sa porte. »

C’est peut être ce qui manque le plus à notre époque où nous croyons tout inventer, tout maîtriser, tout organiser sans Dieu !... C’est sans aucun doute, ce qui vient à manquer à notre continent européen qui oublie ses racines chrétiennes. Sans la Sagesse qui permet de bien juger, de bien saisir le sens des choses, l’homme s’égard, s’enfonce dans l’insouciance et perd l’espérance. Il en va ainsi pour le monde, pour toute société, pour nos communautés chrétiennes et pour chacun de nous si nous ne mettons pas Dieu au centre de notre vie.

Frères et sœurs, accueillons l’invitation de Jésus qui ne cesse de venir à notre rencontre dans l’attente du jour de son retour définitif : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure … »