ND des Trois Provinces - Dimanche 4 décembre 2011

La patience de Dieu et l’impatience des hommes... Il faut se convertir !

Pour entrer dans la première semaine de l’AVENT, dimanche dernier, la liturgie nous invitait à être des veilleurs actifs pour nous préparer à la rencontre avec le Messie-Sauveur dont nous célèbrerons la Nativité dans la nuit de Noël.

Pour cette deuxième semaine de l’AVENT, la liturgie de cette messe, nous invite à être des veilleurs patients. Pour nous aider à entrer dans la patience du veilleur, je vous propose d’écouter ce joli conte du veilleur :

Il était une fois une ville où régnait la nuit. Quand la nuit était trop noire, on allumait des lampes. Mais c’était toujours la nuit. Et puis voilà qu’un voyageur arrive. Il raconte qu’il vient de loin et qu’ailleurs il y a des villes où après les heures de nuit viennent des heures de jour. Il raconte que le jour est si clair qu’on n’a même pas besoin de lampes. Les gens veulent tous que l’on fasse venir le jour dans leur ville.

Mais, où chercher le jour ?... Le jour ne s’achète pas, il vient !... Comment le jour viendrait-il si personne ne l’attend ?... Attendre !... Mais, comment fait-on pour attendre le jour et pendant combien de temps ?...

Et bientôt, là-bas, au bord des toits, une minuscule ligne rose se met à grandir, grandir, et brusquement, un éblouissant rayon d’or saute par-dessus les toits et éclabousse la ville de lumière. Tout le monde crie en même temps : C’est comme un feu d’artifice. Mais c’est encore plus beau que le feu d’artifice. C’est le jour qui est venu !... La ville entière est en fête.

Alors moi, dit le veilleur, maintenant, je serai veilleur de nuit et je passerai mes nuits à attendre le jour. Depuis ce temps-là, sur la ville il y a des jours et des nuits. Désormais, lorsqu’il fait nuit noire, on dirait qu’elle ne finira pas. Pourtant, elle finira. Le jour vient, je l’attends …

Attendre, toujours attendre, mais attendre quoi, attendre qui ?... Voilà très résumé, ce beau conte qui nous aide à entrer dans l’attitude du veilleur actif et patient.

Dans la deuxième lecture, l’apôtre Pierre, souligne à la fois, la patience de Dieu et l’impatience de l’homme. Deux sentiments, ou deux attitudes apparemment contradictoires : la patience et l’impatience. La patience de Dieu : « Le Seigneur n’est pas en retard pour tenir sa promesse […] c’est pour vous qu’il patiente … » L’impatience de l’homme, notre impatience : « … vous qui attendez avec tant d’impatience la venue du jour de Dieu ».

En fait, ce qui est au cœur de cette contradiction, c’est notre conversion. Pierre précise en effet que Dieu patiente pour nous « … afin que tous aient le temps de se convertir ». Quant à notre impatience, elle s’appuie sur la promesse du Seigneur, car nous attendons « … un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la Justice … »

Alors, il nous faut saisir le temps qui nous est donné pour cette deuxième semaine de l’Avent, éclairée par Jean le Batiste, le messager de Dieu, le modèle du veilleur actif et patient. Il fait retentir sa voix dans le désert spirituel de l’indifférence et de l’ignorance religieuse qui envahit notre société : « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route … »

Comme autrefois, le prophète Isaïe envoyé par Dieu pour parler au cœur de Jérusalem, Jean fait retenir sa voix en appelant au baptême de conversion. En nous appelant à préparer le chemin du Seigneur, Jean-Baptiste annonce que la route qu’il faut préparer est à la fois celle des hommes vers Dieu et celle de Dieu qui vient vers l’Homme.

L’impatience qui découle de notre attente de ce monde nouveau et d’une terre nouvelle, nous oblige à une conversion qui ne se réduit pas à un changement de conduite morale, mais ouvre le cœur pour vivre une véritable rencontre avec le Christ. Dieu vient vers nous dans la nuit de Noël afin de nous faire entrer dans sa propre vie.

Le Christ-Sauveur, le Messie dont nous allons célébrer la Nativité, vient éclairer notre humanité plongé dans la nuit noire de la violence et de la désespérance, de l’individualisme et de la surconsommation, de l’illusion et de la division. Il vient nous nous apprendre à regarder le monde et nos frères avec les yeux de Dieu.

Alors, ne soyons pas surpris si notre pèlerinage vers l’étable de Bethléem où Dieu nous donne rendez-vous, nous entraîne sans doute à contre sens de tout ce que la société va nous offrir pour fêter Noël. Il nous faudra oser témoigner que c’est la Nativité de Jésus que nous fêtons, car Dieu a voulu naître dans notre monde pour se révéler au cœur de l’homme. Jésus est déjà venu, mais il nous faut encore et toujours l’accueillir et nous laisser conduire sur le chemin qu’il a ouvert pour nous conduire à son Père. Oui, c’est encore plus beau que le feu d’artifice du conte ; encore plus grand que le jour qui remplace la nuit. C’est Dieu lui-même qui vient ouvrir nos cœurs à l’amour et nos yeux à la lumière.

C’est vrai que lorsqu’il fait nuit noire dans notre vie, on dirait qu’elle ne finira pas lorsque le découragement nous saisi. Pourtant, le jour vient. Restons Veilleur dans la nuit du monde pour accueillir Celui qui est venu faire jaillir la lumière de la résurrection. Alors, interrogeons-nous !... « Comment j’attends, comment je me prépare à vivre cette fête de la naissance de Jésus ?... ou plus exactement : « Qu’est-ce que Dieu attend de moi pour que je lui fasse un véritable accueil à Noël ?...

Jean-Baptiste, le prophète de l’Avent, modèle du veilleur actif et patient, nous fait entrer dans l’expérience de sa rencontre avec Dieu. Il est le prophète de l’Avent qui pointe le doigt vers celui qui vient : Jésus Christ, comme il le fera plus tard en désignant Jésus, l’Agneau de Dieu dont nous célébrons la présence à chaque messe. Le mystère de sa présence est au cœur de notre attente dans ce temps de l’Avent.

Non seulement le Seigneur patiente avec nous, mais il nous demande de patienter avec lui en nous appelant à être des veilleurs actifs. Il ne s’agit pas seulement de patienter avec lui, mais d’aimer avec lui et se servir comme lui pour nous préparer à l’accueillir.

Jésus le Christ, le Messie vient nous enseigner qu’il y a un chemin qui nous conduit hors des ténèbres et de la tristesse du monde ; chemin de la paix et de la réconciliation avec Dieu.