ND des Trois Provinces - Dimanche 25 septembre 2011

Donner goût d’Evangile à nos relations familiales !

Pour cette nouvelle année pastorale, notre évêque nous invite à approfondir cette orientation Synodale promulguée lors de la fête d’envoi à Saint Laurent Sur Sèvre, le 4 juin 2006 : « Donner goût d’Evangile à nos relations familiales ». Avec l’équipe pastorale, nous allons donner cette priorité à la famille. Eclairés par l’Evangile qui nous fait rencontrer le Christ, nous chercherons comment donner du goût d’Evangile à toutes nos relations, notamment en famille, mais aussi dans nos communautés chrétiennes.

Dans ce monde que Dieu aime, si la famille est fragilisée par de nombreuses pressions idéologiques et médiatiques, économiques et politiques, elle demeure le lieu où il fait bon vivre. Depuis 40 ans, l’institution familiale a vécu de profonds bouleversements. Au fil des années, les relations entre les différents membres de la famille ont changé. La famille est souvent éclatée et parfois recomposée et pas toujours issue d’un mariage. La famille souffre face aux multiples échecs dont nous sommes tous témoins et parfois même qui nous font souffrir parce que plus directement concernés. La famille a tendance à se replier dans la sphère privée et ressemble parfois à ‘une communauté’ d’individus dans laquelle chacun organise sa vie avec sa télé, son ordinateur, ses jeux. On constate un certain isolement des membres de la famille qui communiquent par webcam, portable, ou SMS, mais sans vraiment se rencontrer.

Le risque aujourd’hui serait de ne parler de la famille, qu’en termes négatifs sur fond de tableau noir. Bien qu’elle soit fragilisée et malmenée, la famille demeure en tête du palmarès des valeurs auxquelles les citoyens français restent attachés, toutes générations confondues !... Il y a une majorité de familles sans problèmes majeurs, si ce n’est les difficultés ordinaires.

Chaque famille avec son histoire, ‘son jardin secret’, reste pour chacun de ses membres, une école de la vie communautaire, le lieu des apprentissages pour les enfants, lieu du pardon et de l’attention aux autres, lieu des solidarités en raison des liens d’affection qui unissent ses membres. C’est en famille que se vivent les plus grands bonheurs qui permettent de tenir dans des moments plus difficiles. C’est le lieu pour faire des projets, se soutenir et repartir ; un point d’encrage pour se ressourcer, un lieu de transmission du sens de la vie. Quelque soit sa forme, la communauté familiale est un lieu précieux, un havre de paix, un lieu où l’on apprend à vivre, à partager, à se pardonner, à de donner.

Dès son origine, l’Eglise s’est intéressée à la famille comme première communauté d’Eglise permettant à un enfant de s’éveiller à la vie, à la foi et à l’amour ; puis de grandir et de s’épanouir pour prendre sa vie en main. Le Christ a choisi de se faire proche de nous, en naissant dans la ‘Sainte Famille’ de Marie et Joseph. Dieu s’intéresse à la famille parce que c’est le lieu où se construit le bonheur de chacun de ses membres. En s’occupant de la famille dans leur diversité, en défendant la famille contre tout ce qui la fragilise, l’Eglise rend ainsi service à la société. Puissions-nous tout au long de cette année pastorale, regarder la beauté de la famille comme lieu où on l’on s’aime, se découvrant aimés et capable d’aimer.

Les textes de la liturgie de ce dimanche, 26ème du Temps Ordinaire, ouvre quelques pistes de réflexion. Avec l’apôtre Paul dans sa lettre aux Philippiens. Il nous montre le Christ en nous invitant à rechercher l’unité […] en ayant assez d’humilité pour estimer les autres […] en prenant la condition de serviteur … ». Dans l’Evangile, Jésus avec la parabole d’un père qui avait deux fils, nous appelle à la conversion du coeur afin d’ajuster nos paroles et nos acte, dans le prolongement du message du prophète Ezéchiel dans la 1ère lecture : « si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer la justice, il sauvera sa vie. ».

Je vous invite maintenant à regarder le message en tête de votre feuille de chants. Accueillons pour nous ces paroles du pape Benoît XVI aux jeunes rassemblés pour les J.M.J. à Madrid. Elles ouvrent aussi des pistes à explorer pour donner goût d’Evangile, non seulement aux relations familiales, mais aussi dans chacune de nos communautés chrétiennes et dans toute la paroisse, en communion avec le diocèse et l’Eglise Universelle.

1. Tout d’abord, cet appel du pape aux jeunes : « N’ayez pas peur d’être catholique […] » La rencontre avec le Christ libère le cœur de toutes les peurs qui paralysent notre témoignage. Benoît XVI ne cesse de mettre en garde contre les dangers du « … relativisme moral qui, au lieu de conduire à une société libre, équitable, juste et compatissante, tend à produire frustration, désespoir, égoïsme et mépris pour la vie et pour la liberté d’autrui ». N’ayons pas peur d’être ce que nous sommes, sans complexe, car il y a de la joie à croire et du bonheur à vivre avec le Christ.

2. « aimez l’Église qui vous a engendrés dans la foi, vous a aidés à mieux connaître le Christ et vous a fait découvrir la beauté de son amour […] » Oui, aidons-nous à aimer l’Eglise qui est dans notre diocèse de Luçon et ici dans notre paroisse Notre Dame des Trois Province. Aimons l’Eglise pour aider les jeunes à aimer l’Eglise. J’ai une pensée pour vous les enfants ; vous êtes à l’âge où vous apprenez à connaître le Christ ; avec Jésus, vous découvrez que Dieu vous aime et qu’il veut votre bonheur. Que cette année de catéchèse vous aide à grandir dans votre relation à Jésus pour que vous puissiez découvrir la beauté de son amour qui rend heureux de croire et de vivre.

3. Ensemble, nous continuerons de chercher comment transmettre et partager notre joie de croire en familles, entre conjoints, entre parents et enfants. Dans chacune de nos communautés chrétiennes, nous aurons à cœur de vivre la proximité pour que l’Evangile soit annoncé comme une Bonne Nouvelle qui donne du goût à nos relations et que les sacrements y soient célébrés et reçus pour rencontrer le Christ qui donne la vie de Dieu.

4. « On ne peut pas rencontrer le Christ et ne pas le faire connaître aux autres. Ne gardez donc pas le Christ pour vous-mêmes … ». C’est appel du pape s’inscrit dans la dynamique de la Nouvelle Evangélisation. « Transmettez aux autres la joie de votre foi. Le monde a besoin du témoignage de votre foi, il a certainement besoin de Dieu. » a précisé le pape. Il souligne l’urgence de chercher « de nouveaux moyens de soutenir l’excellence dans l’éducation […] » en évoquant les « valeurs essentielles d’une société saine » que sont « la défense de la vie et de la famille, une saine éducation morale des jeunes et une sollicitude fraternelle pour les pauvres et les faibles ». Je me réjouis qu’on parle de nouveau de morale dans l’éducation nationale ; à condition que la morale soit à l’apprentissage pour distinguer le bien et le mal, selon les valeurs fondamentales du respect de la vie et de l’amour qui pour nous chrétiens, sont un don de Dieu qui veut le bonheur tous.

Frères et sœurs, ce matin, rendons-grâce à Dieu pour notre famille. C’est là que nous avons reçu la vie et la joie de croire. Notre famille, c’est notre première communauté d’Eglise. C’est dans la famille que nous avons appris à vivre l’Evangile. Demandons au Seigneur de nous aider à donner goût d’Evangile à nos relations en famille. Rendons grâce à Dieu pour l’Eglise, communauté familiale des baptisés à laquelle nous appartenons de par notre baptême. Elle nous permet de nous enraciner dans la foi pour nous affermis dans notre relation au Christ. Que le Seigneur nous aide à donner goût d’Evangile dans nos relations au sein de nos communautés chrétiennes de proximité et dans toute la paroisse.