ND des Trois Provinces - Dimanche 22 janvier

Convertissez-vous !

Il est urgent de se convertir !... C’est le message que je vous propose de méditer avec vous. L’urgence de la conversion nous est rappelée par Jésus dans cet Evangile.

Celui qui nous parle, L’apôtre Paul, en nous rappelant l’urgence de la conversion, sait bien de quoi il parle, puisque lui-même a vécu une vraie conversion. Paul fût d’abord un persécuteur, c’est-à-dire un tueur de chrétiens. Plein de zèle, animé d’une rage meurtrière à l’égard de ceux qui se disaient disciples de Jésus de Nazareth, il dépensait toute son énergie à persécuter ceux qui se reconnaissaient disciples du Christ.

Jusqu’au jour où il fût comme terrassé par une lumière venant du ciel alors qu’il s’en allait à Damas pour arrêter et faire prisonniers les chrétiens réunis dans les synagogues. Avec cette lumière qui « … l’enveloppa soudain de sa clarté … », il entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?... » Ainsi, après sa conversion, Saul est devenu l’apôtre Paul, fondateur des premières communautés chrétiennes. L’Eglise célèbre justement la conversion de Paul, ce jeudi 25 janvier.

C’est lui qui aujourd’hui, dans sa lettre aux chrétiens de Corinthe, souligne l’urgence de notre conversion : « Je dois vous le dire : les temps sont limités […] car le monde tel que nous le voyons est en train de passer. » Il prolonge ainsi, l’appel de Jésus dans l’Evangile : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

Oui, l’appel de Jésus raisonne au plus profond de nous-mêmes, car lui aussi dans l’Evangile, pointe l’urgence de la conversion : « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est tout proche ». Autrement dit, la vie avec Dieu est à porté de main ; c’est ici et maintenant que vous pouvez vivre l’Evangile. C’est ici et maintenant que vous pouvez découvrir la joie de croire au Christ est venu pour nous sauver du péché qui divise et nous rassembler dans la communion d’amour qui, dans l’Esprit saint, l’unit à son Père.

Oui, l’urgence de la conversion nous est rappelée d’une manière particulière dans cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens divisés. Les papes Jean-Paul II n’a cessé et aujourd’hui encore, le pape Benoît XVI de dénoncer cette situation qu’il considère comme l’une des plus grandes souffrances de l’Eglise, car les divisions sont un contre témoignage de ce que le Seigneur attend de nous.

Cette situation de la division des chrétiens est le fruit du péché, l’œuvre du malin, le prince des ténèbres qui divisent. Il en est ainsi au niveau des divisions entre anglicans, protestants, orthodoxes et catholique. Il en est ainsi dans l’Eglise catholique elle-même.
D’où l’urgence de la conversion qui nous est rappelée dans la Parole de Dieu en ce dimanche. Comment pourrions-nous vouloir l’unité de l’Eglise au niveau œcuménique, si nous-mêmes, nous ne sommes pas des artisans d’unité œuvrant pour la communion au sein de nos communautés chrétiennes locales ?...

Il ne s’agit pas d’une unité de façade où tout le monde pense la même chose, ni de L’Eglise n’est pas une association de militant ou de bien pensants, mais une communauté de baptisés appelés à suivre le Christ qui appelle comme Dieu appelle Jonas dans la 1ère lecture : « Lève-toi […] proclame le Message que je te donne … ». Se convertir, c’est répondre à cet appel, comme Simon et André, Jacques et Jean, et bien d’autres après eux dans l’Evangile et dans l’histoire de l’Eglise.

L’Eglise est une communauté d’hommes et de femmes, d’enfants et de jeunes, appelés à vivre dans leurs diversités comme les enfants d’une même famille rassemblée autour de la même table.

L’appel à se convertir est lié à la mission d’annoncer le Christ. La conversion de saint Paul nous montre que c’est au cœur d’une rencontre personnelle avec le Christ, une rencontre bouleversante, que nous entendons son appel à le suivre. Y répondre, c’est choisir de vivre et de conduire sa vie, dans la lumière de l’Evangile, afin de faire rayonner dans le monde ce que nous avons vu et entendu comme une Bonne Nouvelle d’espérance.

Chers amis, frères et sœurs, en ce dimanche de prière pour l’unité des chrétiens, demandons les uns pour les autres, cette grâce d’œuvrer pour l’unité dans nos familles, premières communautés d’Eglise, en « donnant goût d’Evangile aux relations les uns avec les autres.

Prions pour que nous soyons des artisans de communion au sein de nos communautés chrétiennes, car « … c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, qu’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples », enseigne Jésus dans l’Evangile.

L’unité et la communion sont une exigence pour que nos communautés chrétiennes deviennent missionnaires, pleinement engagés dans la Nouvelle Evangélisation. Juste après le concile Vatican II, le pape Paul VI, écrivait dans son exhortation apostolique Evangeli Nuntiandi que : « L’annonce de l’Evangile constitue la joie et la vocation de l’Eglise, son identité la plus profonde : celle-ci existe pour évangéliser ». Autrement dit, ce qui fait exister l’Eglise, c’est L’annonce de l’Evangile. Ce qui nous fait exister comme chrétien, baptisés/confirmés, c’est d’annoncer le Christ par le témoignage de notre charité et de notre communion fraternelle.

Frères et sœurs, il est urgent de se convertir !... Je vous le disais dès le début de notre méditation. Nous n’avons jamais fini de convertir notre vie à l’Evangile, c’est-à-dire à l’amour du Christ et des frères.

Même si beaucoup ne semblent pas accueillir la Bonne Nouvelle de la tendresse et de la miséricorde de Dieu, nous sommes sûrs que si nous jetons sa Parole dans leur cœur, l’Esprit-Saint lui fera porter en temps voulu des fruits de paix et d’espérance, d’unité et de communion pour nos communautés chrétiennes et toute l’Eglise.