ND des Trois Provinces - Dimanche 19 février

Lève-toi

Quoi qu’on en dise, où qu’on en est dit dans l’histoire plus ou moins récente, le péché existe. Il suffit de regarder autour de nous pour en voir les conséquences qu’il engendre : égoïsme et individualisme, violence et délinquance, mal être et désespérance … etc. … Le péché défigure l’humanité telle que Dieu l’a voulu au moment de la création …

Non seulement le péché existe, mais c’est la préoccupation majeure de Dieu. Nous venons de l’entendre dans le Livre du Prophète Isaïe : « Par tes péchés, tu m’as traité comme un esclave, par tes fautes, tu m’as fatigué » C’est Dieu qui parle ainsi !... Pourtant, il ajoute aussitôt : « … je ne veux plus me souvenir de tes péchés. »

Puis, dans l’Evangile, lorsqu’il adresse la parole au paralysé qu’on vient de lui amener par le toit, Jésus commence par dire : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés … » Oui, la préoccupation majeure de Dieu, c’est le péché de l’homme, car le péché nous éloigne de Dieu, nous prive de sa présence et nous plonge dans la tristesse et parfois même dans la misère comme le fils prodigue de la parabole de l’Evangile.

Voilà une bonne raison de nous convertir, c’est-à-dire, de revenir à Dieu. Ce sera notre chemin de Carême qui va commencer à partir de ce mercredi par la célébration des Cendres. La conversion s’impose si nous voulons répondre à l’appel de Dieu qui nous a donné d’exister pour nous aimer. Le bonheur de Dieu, c’est de nous aimer pour qu’en lui, nous devenions capables de vivre en aimant comme il nous a aimés. La joie de Dieu, c’est le pécheur pardonné, car, écrit St Irénée dans les premiers siècle de l’Eglise : « La Gloire de Dieu, c’est l’homme vivant … et la vie de l’homme, c’est de voir Dieu ». Aussi, l’homme qui ouvre son cœur à la miséricorde de Dieu en reçoit une grande joie.

Oui le péché existe et il encombre notre route comme ces multiples petits cailloux sur la route. Ils nous empêchent de marcher sereinement ; ou comme ces grosses pierres toujours prêtes à nous faire tomber sur le chemin. Oui, le péché existe contrairement à ce que certains veulent nous faire croire, en affichant sans aucun complexe : « que la gourmandise, ce n’est pas un péché ». Le péché, c’est la maladie de l’âme qu’il paralyse en l’enfermant dans la peur et la tristesse, le doute et le désespoir.

Cependant, si le péché est bien l’une des préoccupations majeures de Dieu, sa priorité, c’est d’offrir le pardon pour guérir les cœurs. C’est d’ailleurs ce qu’il fait en tout premier après que ses 4 compagnons aient introduit ce paralytique devant Jésus. Sans même le saluer, ni lui, ni ses compagnons, Jésus commence par lui dire : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés !... »

Evidemment, ceux qui sont là, ne comprennent pas bien et s’interrogent même : de quel droit et au nom de qui, ce Jésus peut-il pardonner les péchés, car Dieu seul peut pardonner !... « Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » ou bien ce Jésus est un imposteur et un blasphémateur, ou bien il est l’Envoyé auquel Dieu a donné ce pouvoir de guérir et de pardonner. Nous connaissons leur réponse puisqu’ils considèrent que Jésus vient de blasphémer, car Dieu seul peut pardonner les péchés. Autrement dit, ils ne reconnaissent ni son identité, ni son autorité.

Connaissant les raisonnements des scribes, Jésus s’appuyant sur la foi et la confiance de cet homme et de ceux qui ont amené devant lui ce paralytique, Jésus prend la parole et confirme ce qu’il a déjà dit : « Pour que vous sachiez que le Fils, de l’Homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l’ordonne -dit-il au paralysé- lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi … »

En effet, comme la foule et tous les témoins de cette guérison du paralytique, nous sommes stupéfaits car nous n’avons jamais rien vu de pareil. Nous savions que le péché de l’homme, était l’une des préoccupations majeures de Dieu. Désormais, nous croyons que c’est sa première préoccupation. Dieu veut nous guérir du péché qui nous prive de son amour. Il veut nous guérir en nous ouvrant à sa miséricorde selon sa promesse inscrite déjà dans le Livre du Prophète Isaïe dans la première lecture : « Moi, oui, moi je pardonne tes révoltes, à cause de moi-même, et je ne veux plus me souvenir de tes péchés ».

Dieu en son Fils Jésus, veut nous guérir de la paralysie spirituelle engendrée par le péché. Jésus a le pouvoir de guérir les cœurs paralysés, de guérir ce qui nous paralyse dans notre parole et notre écoute, notre regard et nos relations aux autres. Jésus a le pouvoir de ressusciter les âmes mortes. En remettant debout ce paralytique après lui avoir pardonnés ses péchés, Jésus nous invite à nous reconnaître pécheurs, paralysés par nos peurs, nos doutes et nos égoïsmes. Nous le faisons au début de chaque messe.

Dieu veut nous guérir du péché qui nous prive de son amour, et faire de nous, des porteurs d’espérance pour conduire à Jésus ceux qui le cherchent, ceux qui attendent qu’on les conduise à Jésus, ceux qui ont besoin d’une ouverture dans la vie blessée pour trouver en Jésus Celui qui guérit les cœurs.

Frères et sœurs, chers amis, rendons grâce à Dieu d’ouvrir notre cœur pour que dans l’humilité, nous puissions reconnaître nos péchés qui nous aveuglent, nous paralysent et nous privent de sa présence. Demandons à l’Esprit Saint de nous affermir dans le Christ qui en guérissant les blessures du péché, nous réintroduit dans la communion avec lui et avec nos frères …