ND des Trois Provinces - Dimanche 18 septembre 2011


Jésus embauche, comme le maître du domaine dans cette parabole. Il embauche des ouvriers qu’il envoie pour être ses témoins, comme le maître du domaine qui envoie des ouvriers à sa vigne. Jésus embauche pour que ses disciples portent l’Evangile de la vie et de l’amour, de l’humanité et de la fraternité dans le monde. Oui, Jésus embauche, mais sans promettre de salaire, si ce n’est de nous donner ce qui est juste.

En racontant cette parabole, Jésus nous parle du Royaume des Cieux que préfigure l’Eglise qui donne gratuitement ce qu’elle-même reçoit gratuitement. Voilà pourquoi, les ouvriers de la première heure ne doivent pas être surpris, ni même déçus en recevant le même salaire que ceux qui arrivent à la dernière heure, puisque ‘personne ne les a embauchés’

Nous sommes baptisés depuis plus ou moins longtemps selon l’histoire et le cheminement de chacun, embauchés n’ont pas à la même heure, mais envoyés pour la même cause : porter l’Evangile de la vie et de l’amour, comme une bonne nouvelle de vie et d’espérance pour le salut du monde.

Il n’y a aucun salaire à attendre, ni aucun mérite de notre part, car c’est Dieu qui appelle et qui envoie !... Il donne ce qui est juste à chacun, y compris aux ouvriers de la dernière heure. Quoi que nous fassions, quelque soit le service auquel nous participons, rappelons-nous que la justice de Dieu n’est pas celle des hommes. Dieu est libre de donner au dernier autant qu’à l’ouvrier de la première heure. Parce qu’il est bon, Dieu donne au bon larron autant qu’à celui qui est toujours resté fidèle ; au fils prodigue autant qu’à son frère aîné ; à Pierre qui a renié ou Paul qui a persécuté …
D’ailleurs, l’ouvrier de la première ou de la dernière heure, le fils perdu et retrouvé, le bon larron converti à la dernière minute, le Pierre repenti de sa lâcheté ou le Paul persécuteur devenu missionnaire du Christ ressuscité, c’est chacun de nous. C’est bien à nous que Jésus parle en cet instant en s’adressant à ses disciples. Jésus est le maître du domaine, celui qui embauche. Baptisés, nous sommes par notre confirmation, ceux qu’il envoie travailler à l’Evangélisation d’une société qui s’organise sans Dieu.

Il nous envoie pour que sa Vigne, c’est-à-dire, l’’Eglise soit vivante, dynamique et missionnaire. Si les tâches sont multiples, les fonctions diverses et les responsabilités plus ou moins grandes, ce qui compte, c’est que nous devenions ouvriers de l’Evangile pour annoncer le Christ !...

Avec cette Parabole, Jésus nous enseigne la gratuité de l’Amour de Dieu qui surpasse de loin les mérites humains. En donnant à chacun ce qui est juste, ne serait-ce qu’une pièce d’argent comme salaire minimum permettant à cette époque, à une famille de vivre, Dieu offre à chacun ce qui est juste : le salut et la vie éternelle.
En lisant cette parabole, je ne peux pas m’empêcher de penser à tous ceux qui pourraient nous dire comme dans l’Evangile : « … personne ne nous a embauchés », parce que personne ne nous parle de Dieu ; personne ne nous a fait découvrir la joie de servir à la vigne du Seigneur.

Saint Jean Chrysostome écrit à propos des ouvriers de la première comme de la dernière heure : « [...] le Maître est généreux, il reçoit le dernier aussi bien que le premier. Goûtez tous au banquet de la foi, au trésor de la bonté. Que nul ne déplore sa pauvreté, car le Royaume est apparu pour tous ».

Frères et sœurs, puissions-nous réentendre chacun pour nous-mêmes ce matin, l’appel du pape Benoît XVI aux jeunes rassemblés à Madrid pour la messe de clôture. Après les avoir invité à faire quelque chose de grand dans leur vie et à vivre une relation intime avec le Christ qui ouvre les cœurs il ajoutait : « C’est précisément maintenant au moment où la culture relativiste dominante refuse et déprécie la recherche de la vérité […] que nous devons proposer avec courage et humilité la valeur universelle du Christ comme sauveur de tous les hommes et source d’espérance pour notre vie. »

Invitant les jeunes à demander à Dieu de les aider à découvrir leur vocation dans la société et dans l’Église, le pape les a encouragés : « soyez fiers d’avoir reçu le don de la foi, c’est elle qui illuminera votre vie à chaque instant. Appuyez-vous sur la foi de vos proches, sur la foi de l’Église !... Par la foi, nous sommes fondés dans le Christ. Retrouvez-vous avec d’autres pour l’approfondir, fréquentez l’Eucharistie, mystère de la foi par excellence. Le Christ seul peut répondre aux aspirations que vous portez en vous. Laissez-vous saisir par Dieu pour que votre présence dans l’Église lui donne un élan nouveau !... »

Puissions-nous en ce début d’année prendre chacun, notre part à la Nouvelle Evangélisation de notre société qui s’enferme dans la sécularisation, la dictature du relativisme et l’ignorance de Dieu. Dans notre paroisse, nous avons besoin urgent de catéchistes pour accompagner des enfants le mercredi matin, le samedi ou le dimanche matin. Nous avons besoin pour accompagner la préparation des baptêmes, des mariages et pour accueillir les enfants le dimanche et aider les jeunes à persévérer dans leur vie chrétienne. Il n’y a pas d’heure, il n’y a pas d’âge, mais l’urgence pour aider les jeunes à ‘… s’enraciner et se fonder dans la foi, pour être affermis dans le Christ ... »

Rappelons-nous que l’Eucharistie est comme ‘le grand moteur de la vie chrétienne’, car nous y puisons l’énergie de la foi, de l’espérance et de la charité qui nous permettent d’œuvrer au service de la Nouvelle Evangélisation. Dans la communion, comme dans l’adoration Eucharistique, nous puisons dans le Christ la force qui ouvre le cœur, change la vie et fait de nous des ouvriers de l’Evangile de la vie et de l’amour.

Puissions-nous entendre le Christ nous redire à chacun ce matin : ‘Allez, toi aussi, va à ma vigne … J’ai besoin de toi pour que l’Evangile soit annoncé et que là où tu es, tu témoignes de la beauté de la vie par ta joie de croire, d’espérer et d’aimer !...