ND des Trois Provinces - Dimanche 18 décembre 2011

Car rien n’est impossible à Dieu !...

En allumant la quatrième bougie du temps de l’Avent, nous entrons un plus au cœur du mystère de la Nativité, en particulier avec le récit de l’Annonciation de l’Ange à Marie. Cette quatre bougies sur la ‘Couronne de l’Avent’ sont le symbole de la lumière des prophéties annonçant la venue du Messie-Sauveur et exprimant l’attente du peuple de Dieu tout au long de l’histoire jusqu’à la naissance de Jésus. Lumière du Christ qui, dans la nuit de Noël, vient illuminer la nuit des hommes. Lumière qui éclaire notre pèlerinage vers l’étable de Bethléem pour préparer nos cœurs à célébrer la Nativité du Christ-Sauveur.

L’apôtre Paul nous rappelait dans la deuxième lecture que « ce mystère […] resté dans le silence depuis toujours […] aujourd’hui il est manifesté. » Désormais, en allant à l’étable de Bethléem, nous savons qui nous allons contempler comme les bergers et adorer comme les mages, après la foule immenses des anonymes depuis plus de 2000 ans.

La sobriété du récit de l’Annonciation à Marie, nous donne à contempler la mystérieuse rencontre de l’Ange avec cette humble jeune fille dans une maison de Nazareth. Nous percevons l’intensité de cet instant où elle a dit « Oui » à Dieu, avec la disponible de son cœur : « […] Que tout se passe pour moi, selon ta parole ». Son oui, c’est le ‘oui de la foi’ qui ouvre à l’espérance et inaugure l’histoire du Salut.

Ainsi, après Jean-Baptiste durant deux semaines, la liturgie de ce 4ème dimanche, nous met en présence de Marie, femme comblée de grâce, choisie et bénie entre toutes pour être la mère du Messie-sauveur. Alors que Jean le Précurseur avait préparé et annoncé l’avènement du Messie, Marie reçoit l’annonce fait par l’ange et se prépare pour recevoir en son sein, le Fils de Dieu. Le Très-Haut devient le Très-Bas, avec cette promesse d’un enfant à naître pour nous élever jusqu’à lui. Le Très Grand devient le tout petit enfant que nous allons contempler et adorer dans nos crèches, l’Emmanuel, Dieu avec nous.

Avec Marie, nous entrons ainsi plus profondément dans le mystère de l’Incarnation de cet enfant à qui elle a donné le nom de Jésus. En Jésus, le Tout autre se fait tout proche pour que la divinité habité notre humanité. Désormais, nous pouvons approcher Dieu qui se tient au milieu de nous pour que nous puissions demeurer avec lui. Ce récit de l’Annonciation nous ramène au moment fondateur de la mystérieuse condescendance de Dieu qui vient habiter notre terre, partager notre vie, nos joies et nos souffrances, nos douleurs et nos épreuves, et même notre mort.

Le récit de l’Annonciation nous révèle également que Dieu n’impose pas sa venue ; il sollicite le « oui » de Marie. De même, pour demeurer au cœur de notre vie, Dieu sollicite notre Oui, celui du cœur qui aime parce qu’il se sait aimé. Saint Bernard qui a bien saisi l’intensité et le caractère décisif du Oui de Marie, le décrit ainsi : « L’Ange attend ta réponse : il va être temps qu’il retourne auprès de Dieu qui l’a envoyé. […] si tu l’acceptes, nous serons aussitôt délivrés ; de ta brève réponse dépend que nous soyons rappelés à la vie. […] Vierge bienheureuse, ouvre ton cœur à la foi, tes lèvres au consentement, ton sein au Créateur. […] ».

Nous contemplons le courage de Marie qui a dit OUI à Dieu en se présentant comme servante du Seigneur. Marie éveille en nous une confiante espérance qui nous invite à avoir une âme docile à la voix de Dieu. Prions Marie de nous enseigner à voir Dieu dans notre vie, non seulement dans les moments joyeux, mais également dans les moments difficiles.

Nous contemplons la pureté de Marie et sa disponibilité qui découlent se son obéissance. C’est l’illustration magnifique de l’harmonie intérieure de cette jeune fille qui vit de la vérité et de l’obéissance confiante. Puissions-nous suivre cet exemple et acquérir ce grand bonheur intérieur pour le partager à ceux que nous allons accueillir ou qui vont nous accueillir en ces jours.

Frères et sœurs, s’il nous arrive d’être troublés, voir même ‘bouleversés’, comme Marie lorsque l’ange est venu lui annoncer le projet de Dieu, accueillons pour nous mêmes ces paroles de l’Ange à Marie : « “Sois sans crainte, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu”. Il attend notre réponse : Quel est mon ‘Oui’ à Dieu aujourd’hui ?... Puissions-nous accueillons la réponse de l’ange à Marie : « L’Esprit Saint viendra sur toi […] Car rien n’est impossible à Dieu » Encouragés par le Oui de Marie, laissons-nous toucher au plus profond de nous-mêmes en demandant à l’Esprit Saint de nous renouveler dans notre disponibilité pour répondre à l’appel de Dieu avec la réponse de Marie : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole ».

Avec cette Mère qui nous est donnée, Mère de miséricorde, puissions-nous à notre tour, prolonger dans nos vies ce qu’a été sa simplicité et son humilité, sa liberté et sa disponibilité. Prions Marie, en lui demandant de répandre sur nous la surabondance de ses bénédictions. Qu’elle nous aide à devenir assez humbles pour chercher ce que Dieu attend de nous et lui dire aujourd’hui, notre Oui du cœur afin de contribuer à l’enfantement du Christ dans nos vies, dans l’Eglise et dans le monde !...

Marie, par ton exemple lumineux, rends-moi saint et humble, purifie mon cœur, et enseigne-moi comment aimer Jésus et risquer le Oui de la foi aux imprévus de Dieu qui demeure proche de nous dans son Eucharistie.