ND des Trois Provinces - Dimanche 16 octobre 2011

Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie

Chaque année, l’Eglise nous offre de vivre une Semaine Missionnaire Mondiale pour nous éveiller à la mission, voir même nous réveiller dans notre vocation missionnaire. Nous risquons toujours de nous endormir dans la routine de nos habitudes et donc, de perdre le souffle missionnaire.

En 1999, pour préparer l’Eglise à entrer dans le troisième millénaire, le futur bienheureux Jean Paul II, a rappelé vigoureusement l’urgence et la nécessité pour les chrétiens, de renouveler leur engagement missionnaire pour annoncer le Christ avec le « même enthousiasme que celui qui a caractérisé les chrétiens de la première heure ».

Dans la Lettre apostolique qu’il a publiée pour le Jubilé 2000, Jean Paul II parlait de la mission comme « … le service le plus précieux que l’Eglise puisse rendre à l’humanité et à chaque personne à la recherche des raisons profondes pour vivre en plénitude leur existence. »

Dans son message pour la Journée mondiale des missions, le pape Benoît XVI, insiste sur l’annonce permanente de l’Evangile qui « …vivifie également l’Eglise, sa ferveur, son esprit apostolique, renouvelle ses méthodes pastorales afin qu’elles soient toujours plus appropriées aux nouvelles situations - même celles qui exigent une nouvelle évangélisation … »

Pourquoi une telle importance à la mission ?... Parce que « La foi s’affermit lorsqu’on la donne !... disait Jean Paul. En effet, l’Evangile n’est pas un bien exclusif de celui qui l’a reçu, mais est un don à partager, une bonne nouvelle à communiquer. D’où l’importance de notre assemblée dominicale qui permet de se ressourcer soi-même dans « … la liturgie, en particulier de l’Eucharistie, qui se conclut toujours en faisant écho au mandat de Jésus adressé aux Apôtres : « Allez... » (Mt 28, 19).

Le pape Benoît XVI précise d’ailleurs que de la liturgie est ‘un appel du monde’ et un ‘envoi dans le monde’. Invités par le Seigneur pour recevoir la Bonne Nouvelle afin d’enraciner notre foi, nous sommes affermis dans le Christ. Invités par le Seigneur qui nous rassemble, nous sommes envoyés, dispersés pour témoigner, c’est-à-dire, porter la Bonne Nouvelle du salut en étant témoins du Christ ressuscité.

Comme les deux disciples d’Emmaüs ‘après avoir reconnu le Seigneur à la fraction du pain ‘ et bien d’autres depuis, ceux qui ‘ont rencontré le Seigneur ressuscité ont ressenti le besoin de l’annoncer aux autres’.

Cette Semaine Missionnaire Mondiale rappelle à tous les baptisés/confirmés que l’Eglise dont nous sommes les pierres vivantes est « par nature [est] missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit ... » Tel que le précise le Vatican II et le pape Paul VI dans son Encyclique Evangeli Nuntiandi, soulignant que telle est « la grâce et la vocation de l’Eglise, son identité la plus profonde. Elle existe pour évangéliser » 

Annoncer l’Evangile, c’est un devoir qui nous concerne tous et une urgence que nous rappelle Benoît XVI dans son message : « Nous ne pouvons être tranquilles à la seule pensée que, après deux mille ans, il y a encore des peuples qui ne connaissent pas le Christ […] ». Sans oublier le nombre important « de ceux qui, bien qu’ayant reçu le message de l’Evangile, l’ont oublié et abandonné […] », y compris dans notre Vendée traditionnellement chrétiennes ; y compris dans notre France, fille aînée de l’Eglise. « … Qu’as-tu fais de ton baptême ?… », lançait Jean Paul II au Bourget, en 1981.

Beaucoup de nos concitoyens, y compris dans nos familles, ’… sont aujourd’hui réticents à s’ouvrir à la parole de la foi …’ Les changements culturels, renforcés aussi par la mondialisation, marqués par le relativisme enseigné par les médias, conduisent à ‘… une mentalité et à un style de vie qui ignorent le message évangélique, comme si Dieu n’existait pas …’

Cette semaine missionnaire mondiale offre une occasion précieuse pour s’interroger afin de s’interroger afin de savoir de quelle manière nous pouvons être missionnaire. Notre réponse est essentielle pour la vie de l’Eglise, car précise le pape : ‘En annonçant l’Evangile, elle [l’Eglise] a à cœur la vie humaine au sens le plus large. Déjà, dans Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, le pape Paul VI affirmait que dans l’évangélisation, il n’était pas acceptable que l’on néglige la promotion humaine, la justice et la libération de toute forme d’oppression. ‘Se désintéresser des problèmes temporels de l’humanité reviendrait à « oublier la leçon qui vient de l’Evangile sur l’amour du prochain souffrant et nécessiteux »’ écrivait-il.

Frères et sœurs, puissions-nous retrouver du souffle missionnaire dans nos communautés chrétiennes et dans toute notre paroisse en étant serviteur de communion, artisans de paix et ouvrier de la solidarité. L’Eglise a donc besoin aussi de « Nouveaux évangélisateurs pour la Nouvelle évangélisation »

Mgr Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la Nouvelle évangélisation présente l’Evangélisation comme « … la mission même de l’Eglise qui continue depuis 2000 ans mais qui doit trouver un nouveau langage, qui doit avoir de nouveaux styles de vie faits d’une profonde identité et de respect ; d’un sens profond d’appartenance à l’Eglise et aux communautés chrétiennes mais aussi ouverts à la rencontre avec le monde entier ».

C’est ainsi que nous collaborons à la mission du Christ sauveur de toute l’humanité. Benoît XVI nous rappelle que « Nous portons en nous, même si c’est dans des vases d’argile, notre vocation chrétienne, le trésor inestimable de l’Evangile, le témoignage vivant de Jésus mort et ressuscité, rencontré et professé dans l’Eglise. »

Alors, n’ayons pas peur d’être missionnaire et de prendre notre part à la Nouvelle Evangélisation. Que l’Esprit Saint ranime en chacun le désir et la joie d’aller porter l’Evangile dans nos familles et tous nos lieux de vie, de travail et de loisirs.

« Que le feu de l’amour du Christ ne s’éteigne jamais dans vos cœurs !... […] Prions les uns pour les autres afin que nous puissions être de joyeux témoins du Christ, aujourd’hui et toujours … »