ND des Trois Provinces - Dimanche 15 janvier

Maître, où demeures-tu ?

Après le baptême de Jésus que l’Eglise a célébré lundi dernier, nous sommes entrés dans ce qu’on appelle « le temps ordinaire » ; autrement dit, l’ordinaire de la vie et de la mission de Jésus. Lui-même nous rejoint dans l’ordinaire de notre vie.

Il nous rejoint dans l’ordinaire de notre vie pour nous conduire à Dieu. Comme le prêtre Elie dans la première lecture. Il indique au jeune Samuel, que c’est Dieu qui l’appelle. Puis, dans l’Evangile, Jean-Baptiste en voyant Jésus passé, le désigne en pointant le doigt vers lui, avec cette formule mystérieuse : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde … ».

Formule mystérieuse et pourtant, familière de la liturgie puisque nous l’entendons deux fois dans la messe, après le Notre Père et avant la communion. Nous chantons l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Puis le prêtre, juste avant la communion, s’adresse à l’assemblée en présentant l’hostie ‘corps du Christ’. Il prononce cette phrase de Jean Baptiste : « Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde … », après avoir dit : « Heureux les invités au repas du Seigneur … »

Jean Baptiste sait bien de quoi, ou plus exactement, de qui il parle, puisqu’il a été témoin du baptême de Jésus. Il dit ce qu’il a vu : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe … » et ce qu’il a entendu : « Du ciel, une voix se fit entendre : ‘C’est toi mon Fils bien-aimé ; en toi, j’ai mis tout mon amour.’ »

Ce titre donné par Jean à Jésus est riche de signification. Dans la Bible, il nous renvoie à Abraham qui sacrifie un agneau à la place de son fils Isaac. Il nous rappelle aussi l’agneau de la pâque juive dont le sang versé sauva Israël pendant l’exil au pays d’Egypte, quinze cent ans avant Jésus, permettant à Moïse de conduire le peuple vers la terre promise. Voilà pourquoi, le Christ est l’agneau de Dieu qui s’offre en sacrifice pour nous obtenir le pardon qui libère et pour nous ouvrir la terre promise du ciel.

C’est donc à la lumière de la mort de Jésus, puis de sa résurrection, que nous l’appelons ‘Agneau de Dieu’. Toute la liturgie oriente notre regard vers le Christ qui nous révèle le visage de Dieu et que Jean baptiste montre du doigt en disant : « Voici l’agneau de Dieu … » En le contemplant sur la croix, nous voyons l’eau et le sang qui jaillissent de son côté comme deux rayons de lumière qui veulent rejoindre le cœur de tout homme pour lui faire miséricorde, le réconcilier avec le Père afin qu’il devienne en lui un fils adoptif.

Jésus invite ceux qui le cherchent à venir demeurer chez lui pour voir. Il a bien compris que nous avons du mal à comprendre, comme les 2 disciples qui sont avec Jean Baptiste. D’où sa question : « Que cherchez-vous ?... » ; puis leur réponse : « Maître, où demeures-tu ?... » et son invitation : « Venez et vous verrez ».

Jésus nous pose la question : « Que cherches-tu ?... » Pour nous aider à répondre, il nous invite à venir chez lui, à demeurer avec lui afin de voir. Quand on veut connaître quelqu’un, on lui demande en effet : « Où demeures-tu ?... » On va chez lui et on apprend à le connaître.

Jésus nous invite donc à demeurer avec lui, chaque dimanche. En venant à la messe, les chrétiens réponde à l’invitation de Jésus pour demeurer avec lui dans sa maison. On prend le temps de l’écouter car il nous parle dans les lectures de la messe. Puis avant la communion, le prêtre rappelle que nous sommes les invités de Jésus en reprenant cette phrase de Jean Baptiste : « Voici l’agneau de Dieu … » ajoutant, « heureux les invités au repas du Seigneur … »Pour ceux qui cherche Dieu, et pour nous qui sommes là ce matin, il nous faut demeurer avec lui.

C’est en Jésus et par lui que nous pouvons nous adresser à Dieu en priant : « Notre Père … » C’est en lui que nous découvrons qui est Dieu et ce que nous sommes pour Dieu. C’est en lui et par lui, que Dieu vient nous parler au cœur et nous montrer combien il nous aime et comment nous pouvons aimer.

Nous voyons bien là, l’importance de nous laisser rejoindre par le Christ qui, chaque dimanche nous rassemble pour que nous puissions vivre ce que nous sommes devenus par le baptême. L’Eucharistie est précisément le lieu privilégié où nous sommes renouvelés dans la grâce de notre baptême.

A chaque eucharistie, Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, nous est présenté non pas comme un événement du passé, mais par sa présence réelle dans l’eucharistie. Il vient vers nous pour nous transformer par le feu de son Amour afin que nous devenions en lui des témoins vivants de l’amour de Dieu pour tous.

Chaque dimanche, il nous rassemble et nous envoie auprès de tous ceux que nous croisons sur notre route, ceux qui cherchent le Christ mais qui ne l’ont pas encore rencontré, ceux qui n’ont pas encore fait l’expérience significative de son amour et de sa miséricorde, ceux qui désespèrent de la vie et de l’amour à force de déception et de trahison.

Frères et sœurs, puissions-nous avoir la joie de dire comme André : « Nous avons trouvé le Messie ». N’ayez pas peur d’être montré du doigt. Comme Jean Baptiste, devenez des témoins courageux et heureux de désigner comme celui qui vous donne la joie de croire, la force d’espérer et le bonheur d’aimer, comme lui nous a aimés.