ND des Trois Provinces - Dimanche 13 mai

Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous...

En s’adressant ainsi à ses disciples, Jésus a bien compris qu’ils pensent tous à son départ. Ils ont été tellement heureux de le revoir ‘ressuscité’ et bien vivant après Pâques, alors qu’ils n’espéraient plus. De nouveau, la tristesse les envahi car ils redoutent ce départ dont Jésus leur a parlé pour les préparer. Nous sommes donc entre Pâques et l’Ascension et Jésus nous enseigne comment demeurer avec lui, après son départ puisqu’il a promis qu’il restait avec nous jusqu’à la fin des temps.

Tout d’abord, il nous invite à la fidélité car « Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour … » Ainsi, les commandements ne sont pas fait pour nous contraindre et nous empêcher de vivre, mais au contraire, pour nous permettre de demeurer avec lui en aimant comme Lui nous a aimés. Son retour vers le Père ne doit pas engendrer la tristesse, puisqu’il ajoute : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que vous soyez comblés de joie … »

Beaucoup pensent à tort, qu’être chrétien, c’est triste et ringard. Parce qu’ils n’ont pas entendu, ou pas compris cette parole de Jésus. Ils s’imaginent que les exigences que Jésus pose dans l’Evangile, contraignent et empêchent de vivre dans la joie et le bonheur. C’est le contraire !... Mais, ils n’ont peut être pas eu la chance de rencontrer des chrétiens heureux de partager leur joie de croire. Or, la joie est la qualité de ceux qui demeurent dans l’amour de Dieu. Un chrétien triste est un triste chrétien !... Notre joie vient de l’amour de Dieu et du prochain. Jésus précise d’ailleurs que son commandement, c’est de ‘s’aimer les uns les autres comme lui nous a aimés.’ C’est de cet amour que naît la joie profonde dans le cœur de ceux qui s’ouvrent au cœur de Dieu.

Dans cet Evangile, Jésus s’adresse à ses disciples, ceux qu’il a appelés et qui ont répondu à son appel. Il nous désigne non pas comme ses serviteurs : « Vous êtes mes amis … », car pour devenir l’ami de Jésus, il faut aimer comme Lui nous a aimés. S’il a donné sa vie, c’est pour nous sauver de nos enfermements qui engendrent la tristesse … Dans la 2ème lecture, St Jean nous exhorte à nous aimer les uns les autres ‘puisque l’amour vient de Dieu’, en précisant que ‘tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu et connaissent Dieu.’ Autrement dit, c’est en aimant qu’on accède à la connaissance de Dieu. Le mot qui revient le plus dans ces lectures : c’est le verbe « aimer » ou « amour » : neuf fois dans la seconde lecture et neuf fois également dans l’Evangile.

Il y a déjà quelques années, le pape Jean-Paul II écrivait : « Il est urgent que le monde redécouvre le christianisme comme la religion de l’amour ». Certes les chrétiens n’ont pas le monopole de l’amour ; cependant, le chrétien sait où est la source de l’amour et donc, Celui qui le rend capable d’aimer pour vivre la charité et la fraternité, afin de répondre à l’appel de Dieu : « Ce que je vous demande, c’est de vous aimer les uns les autres ».

Plus loin dans l’Evangile, toujours en s’adressant à ceux qui sont rassemblés pour l’écouter, il dira : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples … ». Autrement dit, le meilleur chemin pour l’Evangélisation, c’est celui de l’amour qui se décline dans la charité, la fraternité et la solidarité. « Malheur à moi si je n’évangélise pas … » écrit St Paul dans l’une de ses Lettres. Une communauté chrétienne qui n’évangélise pas serait entrain de mourir … Il faut nous réveiller, ou plus exactement, que la Parole de Dieu nous réveille pour faire de nous des ouvriers de l’Evangile. Le Synode qui se tiendra à Rome en Octobre prochain à propos de la Nouvelle Evangélisation, et la démarche Diaconia 2013 voulue par les évêques de France sont une opportunité pour engager d’avantage dans cette perspective missionnaire.

Enfin, Jésus nous rappelle : « C’est Lui moi qui vous ai choisis … ». Ce que nous sommes, nous a été donné au jour de notre baptême. Seul le Christ peut nous initier à l’amour et à la charité, car il nous a donné la plus grande preuve de l’amour dans le sacrifice de sa vie pour nous. En « donnant sa vie » pour nous, Jésus nous a aimés d’un amour plus puissant que tous nos refus, nos résistances et nos ruptures d’alliance. Alors même que nous sommes incapables d’aimer vraiment, d’aimer en vérité, à cause du péché, de notre égoïsme et de notre orgueil, Dieu nous a manifesté son amour et rendu capable d’aimer.

Frères et sœurs, à chaque messe, nous disons merci à Dieu d’être ce que nous sommes devenus par notre baptême. Nous louons le Seigneur d’avoir fait de nous, ‘ses amis’, non pas l’ami d’un jour, mais l’ami de toujours, l’ami de tous les jours, l’ami de chaque instants.

Notre joie, joie de vivre et joie de croire, c’est de demeurer dans l’amour de Dieu qui, chaque dimanche, à chaque messe, nous rassemble pour nous combler de l’amour dont nous avons besoin pour demeurer avec lui au cœur de notre vie de chaque jour.

En nous appuyant sur la promesse qu’il nous fait dans l’Evangile : « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous l’accordera”, demandons-lui d’ouvrir notre cœur pour que nous puissions demeurer dans l’amour de Dieu et témoigner notre joie de croire à travers notre joie de vivre !...