ND des Trois Provinces - Dimanche 12 février

Relève-toi, va, ta foi t’a sauvé !

La rencontre de Jésus avec le lépreux de l’Evangile se déroule en pleine illégalité. Cet homme, à cause de sa lèpre, n’aurait jamais dû approcher Jésus et Jésus n’aurait pas dû toucher cet homme. La loi de Moïse est formelle, selon ce qu’on appelle aujourd’hui, le principe de précaution ; la lèpre était reconnue à la fois comme contagieuse et incurable. Ces gens-là devaient se tenir à l’écart et on ne devait ni les approcher, ni les toucher. Le lépreux étaient condamnés à une existence de solitude, totalement exclus de la société.

Dans la 1ère lecture, la Loi de Moïse les décrit ainsi : « Le lépreux atteint de cette plaie portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre, il se couvrira le haut du visage jusqu’aux lèvres […] Tant qu’il gardera cette plaie, il sera impur. C’est pourquoi il habitera à l’écart, sa demeure sera hors du camp ». Dans l’Ancien Testament, la lèpre revêt une valeur symbolique très forte considérant ce mal qui défigure l’homme, comme un mal religieux, symbole du péché perçu par certains comme châtiment divin.

C’est donc en pleine conscience que Jésus se laisse approcher par cet homme et qu’il le touche pour le guérir. Le geste qu’il vient de poser en lui adressant une parole de vie est hautement significatif. Par cette guérison, Jésus manifeste qu’il est le Fils de Dieu venu prendre sur lui le mal physique et moral de tout homme, son isolement, sa mise à l’écart de la société, mais aussi le mal de son péché.

St Marc souligne également l’attitude de Jésus « pris de pitié devant cet homme », comme le père qui accueille le retour du fils prodigue. En Jésus, c’est le cœur du Père qui se penche vers nous afin de nous guérir de la lèpre du péché qui nous éloigne de Dieu et de nos frères. En Jésus, la main du Père touche notre humanité marquée par le péché pour la purifier et la recréer. Jésus prend sur lui le mal qui blesse le cœur de l’homme et nous sépare de Dieu.

Une triple invitation pour nous :

1. Dépasser nos peurs pour nous laisser toucher par le Christ qui veut nous libérer de la lèpre du péché qui nous isole de Dieu et de nos frères.

2. Exprimer notre désir d’être guéri : « Seigneur si tu le veux, tu peux me purifier » ?...

3. Une invitation à croire que Jésus est venu, non pour juger et condamner, mais pour guérir et libérer.

Jésus continue aujourd’hui d’étendre la main pour guérir ceux qui se laisse toucher. Chaque sacrement nous donne d’expérimenter la grâce de Jésus qui transforme et sanctifie, à l’image de la guérison du lépreux de l’évangile.

Pour cette année, dans son message pour cette XXème Journée Mondiale du Malade, Benoît XVI a voulu « mettre l’accent sur les "sacrements de guérison" que sont les sacrements de l’Onction des malades et celui de Pénitence et de Réconciliation ; l’un et autre trouvant leur accomplissement naturel dans la communion eucharistique.

La rencontre de Jésus avec le lépreux de l’évangile de ce dimanche, aide à prendre conscience de l’importance de la foi pour celui qui, marqué par la souffrance et la maladie, s’approche du Seigneur. Dans la rencontre avec le Seigneur, nous pouvons « réellement faire l’expérience que celui qui croit n’est jamais seul !... »

L’humilité de cet homme qui tombe à genoux devant Jésus en le suppliant, révèle sa confiance et sa foi que Jésus reconnaît en précisant : « Relève-toi, va ; ta foi t’a sauvé ! ». La guérison de cet homme est signe de quelque chose de plus précieux qu’une simple guérison physique. Elle est signe du salut que Dieu nous donne dans le Christ. 

Dans son message, le Saint Père souligne que si « la tâche principale de l’Église est certainement l’annonce du Royaume de Dieu […] cette annonce doit elle-même constituer un processus de guérison [des cœurs meurtris], selon la charge que Jésus a confiée à ses disciples. » Ainsi, « Le lien entre la santé physique et la guérison des blessures de l’âme nous aide donc à mieux comprendre "les sacrements de guérison".

D’ailleurs, les Évangiles font « clairement apparaître que Jésus a toujours manifesté une attention particulière aux malades. Il n’a pas seulement envoyé ses disciples soigner leurs blessures (cf. Mt 10,8 ; Lc 9,2 ; 10,9), mais il a aussi institué pour eux un sacrement spécifique : l’Onction des malades. La lettre de Jacques atteste la présence de ce geste sacramentel dès la première communauté chrétienne (cf. 5, 14-16) : dans l’Onction des malades, accompagnée de la prière des Anciens, l’Église tout entière confie les malades au Seigneur souffrant et glorifié pour qu’il allège leurs peines et les sauve ; plus encore, elle les exhorte à s’unir spirituellement à la passion et à la mort du Christ, afin de contribuer ainsi au bien du Peuple de Dieu. » Dans l’Onction des malades, l’huile sainte est offerte « comme un remède de Dieu qui renvoie à la guérison définitive, à la résurrection.

Le pape souhaite que l’on redécouvre l’importance de ce sacrement des malades qui ne doit pas être considéré comme un "sacrement mineur" par rapport aux autres. « Il s’agit d’instruments précieux de la grâce de Dieu qui aident le malade à se conformer toujours plus pleinement au mystère de la mort et de la résurrection du Christ » ; d’où l’importance aussi de l’Eucharistie qui « contribue de manière singulière à une telle transformation, en associant la personne qui se nourrit du Corps et du Sang de Jésus à l’offrande qu’Il a faite de Lui-même au Père pour le salut de tous. »

Frères et sœurs, c’est l’affaire de toute la communauté paroissiale que de s’organiser pour vivre la proximité dans chacune des communautés chrétiennes locales auprès de « ceux qui, pour raison de santé ou d’âge, ne peuvent se rendre dans un lieu de culte. »

Enfin, retenons que le thème de cette XXème Journée Mondiale du Malade, « Relève-toi, va ; ta foi t’a sauvé ! » nous oriente déjà vers l’Année de la Foi qui commencera le 11 octobre 2012, afin de « redécouvrir la force et la beauté de la foi, pour en approfondir les contenus et pour en témoigner dans la vie de tous les jours »

Prions Marie, Mère de miséricorde de nous aider à tourner notre regard vers les malades. « Puisse sa maternelle compassion, vécue à côté de son Fils mourant sur la Croix, accompagner et soutenir la foi et l’espérance de chaque personne malade et souffrante sur son chemin de guérison des blessures du corps et de l’esprit. »

Frères et sœurs, chers amis, laissons-nous toucher par le Christ qui veut nous guérir pour nous ouvrir à l’amour de Dieu. Laissons toucher par le Christ pour devenir les témoins de la miséricorde et de la compassion du Christ qui nous appelle à être serviteurs tout particulièrement auprès des malades qui souffrent physiquement, moralement et spirituellement.