ND des Trois Provinces - Dimanche 1 janvier


En ce premier jour de l’année, nous recevons pour nous mêmes les bénédictions de Dieu que les prêtres invoquaient sur le peuple d’Israël dans la première lecture : « Que le Seigneur te bénisse et te garde… Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi !... Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !... »

Dans la 2ème lecture, St Paul nous rappelle que la véritable bénédiction de Dieu Père pour toutes les nations, c’est son Fils Jésus, né d’une femme comblée de grâces pour être ‘Mère de Dieu et mère de l’Eglise’. Dès le début de la nouvelle année, en contemplant le mystère de Noël, mettons-nous docilement à l’école de Marie de Nazareth, qui, par son OUI à Dieu, nous apprend à accueillir dans la foi et dans la prière la Parole de bénédiction que le Père prononce sur nous en son Fils Jésus. Comme les bergers, puis bientôt les mages, nous contemplons le mystère de Dieu qui se présente à nos yeux dans le regard de cet enfant que nous adorons désormais réellement présent dans l’Eucharistie.

En devenant des auditeurs de la Parole de Dieu et des adorateurs de l’Eucharistie, nous pouvons alors discerner la bénédiction de Dieu pour nous au travers des événements de notre quotidien. Quel beau programme pour cette nouvelle année : retenir et méditer les événements de notre vie à la lumière de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie, présence réelle de l’Emmanuel, Dieu avec nous.

Parmi tous les vœux que nous échangerons en ces jours, puissions-nous savoir prendre le temps de nous approcher comme les bergers et les mages, de la mangeoire de Bethléem. Elle est devenue aujourd’hui, la maison du pain où Dieu nous invite chaque dimanche pour nourrir notre vie spirituelle au Pain de sa Parole et de son Eucharistie. Il veut ainsi ouvrir notre cœur à la justice et à la paix, comme nous y invite le pape Benoît XVI dans son message pour cette journée mondiale de la Paix qui inaugure la nouvelle année sur le thème : « Eduquer les jeunes à la justice et à la paix ».

Qualifiant cette année ‘don de Dieu à l’humanité’, le pape souhaite que le temps qui nous est donné, « soit marqué concrètement par la justice et par la paix. » Puis, nous invitant à considérer 2012 avec confiance, malgré « le sentiment de frustration suscité par la crise qui frappe la société, le monde du travail et l’économie … », le Saint Père reconnaît « qu’une chape d’obscurité est venue recouvrir notre temps et ne permet pas de voir avec clarté la lumière du jour. »

Dans ce contexte, Benoît XVI présente son Message pour la XLVe Journée Mondiale de la Paix dans une perspective éducative, en s’adressant aux jeunes, « convaincu qu’ils peuvent par leur enthousiasme et leur ardeur en vue d’un idéal, offrir une nouvelle espérance au monde. » S’adressant également aux parents, aux familles, à toutes les composantes éducatives et aux responsables dans les différents milieux de la vie religieuse, sociale, politique, économique, culturelle et de la communication, le pape explique « qu’éduquer les jeunes à la justice et à la paix » est un « devoir fondamental de toute la société, pour la construction d’un avenir de justice et de paix. » Il poursuit ainsi : « Il s’agit de communiquer aux jeunes une appréciation de la valeur positive de la vie, en suscitant en eux le désir de la dédier au service du Bien. » Pour le pape, « les préoccupations exprimées par de nombreux jeunes […] manifestent le désir de pouvoir regarder l’avenir avec une espérance fondée […] pour construire une société ayant un visage plus humain et solidaire ».

S’adressant aux responsables de l’éducation, Benoît XVI note l’importance qu’ils soient ‘d’authentiques témoins et non pas de simples dispensateurs de règles et d’informations […] qui sachent voir plus loin que les autres, parce que leur vie embrasse des espaces plus vastes ... »

A l’intention des parents ‘premiers éducateurs’, le pape fait remarquer que c’est dans la famille ‘cellule originaire de la société’ que ‘mûrit la vraie éducation à la paix et à la justice’. « C’est dans la famille que les enfants apprennent les valeurs humaines et chrétiennes qui permettent une coexistence constructive et pacifique. C’est dans la famille qu’on apprend la solidarité entre les générations, le respect des règles, le pardon et l’accueil de l’autre […]. Elle est la première école où on est éduqué à la justice et à la paix. »

Après avoir dénoncé ce qui fragilisent et brisent la famille, en particulier les conditions de travail et les rythmes de vie, le pape encourage les parents à donner l’exemple par leur vie, en exhortant « … leurs enfants à placer leur espérance avant tout en Dieu » car « de là seulement surgissent justice et paix authentiques. »
S’adressant « aussi aux responsables des institutions qui ont un devoir éducatif », il les invite à agir « avec un grand sens des responsabilités » en veillant « à ce que la dignité de chaque personne soit respectée et valorisée en toutes circonstances », permettant que « chaque jeune puisse découvrir sa propre vocation, en l’accompagnant pour faire fructifier les dons que le Seigneur lui a accordés ». Dans ce contexte, les structures éducatives doivent être des lieux d’ouverture aux autres, de dialogue et d’écoute, valorisant les richesses intérieures de chaque jeune.

Le pape interpelle aussi les responsables politiques en « leur demandant d’aider concrètement les familles et les institutions éducatives à exercer leur droit et leur devoir d’éduquer [avec] un soutien adapté à la maternité et à la paternité ... » Il en appelle aussi « au monde des médias afin qu’il donne sa contribution éducative » avec des moyens de communication qui informent et contribuent à l’éducation des jeunes.

Enfin, le pape demande aux jeunes d’avoir le courage et la « force de faire un usage bon et conscient de leur liberté […] » D’où la nécessité d’Éduquer à la vérité et à la liberté car « l’homme est un être qui porte dans son cœur une soif d’infini, une soif de vérité […] capable d’expliquer le sens de la vie, car il a été créé à l’image et selon la ressemblance de Dieu. » D’où l’apprentissage à reconnaître dans l’homme, l’image du Créateur.

Au sujet de la liberté comme ‘valeur précieuse, mais délicate’, le pape rappelle que pour l’exercer, « l’homme doit alors dépasser l’horizon relativiste et connaître la vérité sur lui-même, et la vérité sur le bien et le mal. » Car « Le juste usage de la liberté est […] central pour la promotion de la justice et de la paix … » Nécessité donc d’éduquer à la justice qui ne se réduit pas à des droits et des devoirs, mais se déploie par des relations de gratuité, de miséricorde et de communion. Nécessité d’éduquer à la paix qui n’est pas seulement absence de guerre, mais comme « … un fruit de la justice et un […] don de Dieu. » Sachant que pour nous chrétiens, « le Christ est notre vraie paix […] pas seulement un don à recevoir, mais bien également une œuvre à construire. ».

Pour terminer, le pape nous invite à lever les yeux vers « le Dieu vivant, le garant de ce qui est véritablement bon et vrai … ». « Chers jeunes, vous êtes un don précieux pour la société […] N’ayez pas peur de vous engager, d’affronter l’effort et le sacrifice, de choisir des chemins qui exigent la fidélité et la constance, l’humilité et le dévouement … […] … L’Église […] vous encourage et désire vous offrir ce qu’elle a de plus précieux : la possibilité de lever les yeux vers Dieu, de rencontrer Jésus Christ, Celui qui est la justice et la paix.
S’adressant à ceux qui ont à cœur la cause de la paix, le St Père rappelle que « La paix n’est pas un bien déjà acquis, mais un objectif auquel, tous et chacun, nous devons aspirer. » en regardant « l’avenir avec une plus grande espérance » pour « donner à notre monde un visage plus humain et fraternel », en unissant ainsi « nos forces spirituelles, morales et matérielles, pour « éduquer les jeunes à la justice et à la paix ».

Frères et sœurs, puissions-nous être ses artisans de paix au sein de nos familles en donnant goût d’Evangile à nos relations. Ce qui est vrai dans nos familles, l’est également dans nos communautés chrétiennes. Soyons par l’exemple de notre vie, des éducateurs de la justice et de la paix ; de véritables témoins qui donnent goût d’Evangile dans toutes nos relations. Que Dieu bénisse cette nouvelle année pour qu’elle soit belle et sainte !...