L’ASSOMPTION


15 août 2006

Assomption

MARIE , LA FEMME

D’innombrables artistes ont essayé d’évoquer Marie élevée dans le ciel.

Ils la représentent comme aspirée par un puissant courant ascendant.

Ce que les artistes ont astucieusement peint par des tourbillons d’anges virevoltant, soutenant, tirant Marie vers le haut, là où l’attendent Dieu le Père et son Fils - aussi son fils à elle - et l’Esprit fécondant, malheureusement réduit à un oiseau !

Parfois, en bas, on voit le groupe des apôtres devant un tombeau vide, ignorant ce qui se passe au dessus de leur tête. Un pieuse légende dit, en effet, que lors de la Dormition de Marie entourée de tous les apôtres Thomas, toujours lui ! n’était pas là. Il voulut voir une dernière fois celle qui fut la mère de son Maître. Lorsque, sur sa demande on ouvrit le cercueil, il était vide s’en échappait seulement la suave odeur de roses et de lys.

Ce sont les chrétiens orthodoxes qui utilisent pour la fête d’aujourd’hui le mot "Dormition" et je ne résiste pas à la tentation de vous citer l’écrivain Huysmans à ce propos :

"La Vierge ne mourut, ni de vieillesse, ni de maladie ; elle fut emportée par la véhémence du pur amour ; et son visage fut si calme, si rayonnant, si heureux, qu’on appela son trépas la dormition. "

Voici pour les images classiques que vous connaissez tous .

Par contre j’ai découvert dernièrement une représentation contemporaine de l’Assomption toute différente : une petite fille sur un mur, celui d’un jardin,qui se jette avec une joie visible dans les bras de son père qu’on sent à l’extérieur mais qui, pour nous, est invisible.

Ainsi chaque siècle - depuis le concile d’Ephèse ( 431) - a essayé de se faire une image de cet événement dont finalement ne parle aucun texte biblique.

Ceux que nous lisons dans les textes liturgiques de la fête n’en sont que des fines allusions.

Si Pie XII en a fait en 1950 un dogme pour l’Église catholique cela n’a pas ajouté grand chose à ce qui est simplement une logique de foi profondément inscrite dans la dévotion catholique.

Certains ont insinué qu’en honorant ainsi Marie on chercherait la partie féminine d’un Dieu dont on a fait un Père en oubliant par ailleurs son aspect maternel.

Insinué aussi que cette FEMME élevée, glorifiée voire adulée dans notre Église, justifiait la mise à l’écart dans toutes ses structures de ces autres femmes - ses sœurs en chair et en os - donc "dangereuses" parce que différentes et "dérangeantes".

C’est vrai qu’il faudra encore pas mal de temps et de conversions à tous les niveaux pour y arriver .

En attendant, si nous profitions du jour de fête de la glorification de cette jeune fille juive à l’extraordinaire destin pour admirer, à travers elle ( mais aussi tant d’autres , saintes ou non) cette partie féminine de notre humanité .

Évitons d’abord d’utiliser une image quasi virtuelle de Marie justifiant ainsi le fait de remettre, encore une fois, la femme là où des générations l’ont enfermée.

N’annexons pas trop vite Marie pour justifier une certaine conception de la société qui nous arrange bien, nous les hommes.

Qu’elle est en réalité, cette image proposée en Marie, est-elle si loin de ce que les femmes cherchent aujourd’hui ?

Parmi ces images, que vous connaissez surement, il y a celles tirées de cette énumération de mots poétiques, amoureusement dédiés à Notre Dame que sont les anciennes litanies en son honneur . Ici dans dans une plaisante version moderne :

Terre généreuse qui reçut le grain Gerbe fructueuse dont nous vient le pain

Vigne florissante pour le vin nouveau Vierge qui enfantes. Porte du Très-Haut.

Par sa nature même, toute femme est source de création. On peut donc lui appliquer ces termes dédiés à Marie, même si c’est d’une façon imparfaite. Car, comme tout être, elle est en devenir à travers les imperfections inhérentes à la race humaine.

" C’est l’image de la source dans laquelle je me retrouve le mieux ", m’a dit une femme.

" Contrairement à l’homme que je considérerais comme quelque chose de monolithique, comme un rocher, une femme est quelque chose de fluide comme l’eau qui est répandue, qui désaltère, qui lave, qui arrose, qui est courant et communication. "

Seulement voilà, le jaillissement d’une source est toujours imprévisible et les hommes n’aiment pas cela. Il faut endiguer, canaliser, ordonner. Depuis des siècles cela s’est fait ainsi et cela se fait toujours au nom de principes souvent opposés qui vont du féminisme outrancier à la défense des « vertus sacrées » de la famille.

On dit à la femme : sois château d’eau. monnaye ta féminité, révolte-toi, prends le pouvoir. Ou encore : sois notre puits, dans lequel nous puisons, reste bien chez nous, pour nous, uniquement pour nous.

Ou enfin : sois ma coupe, toi dans laquelle je veux boire lorsque la soif me tenaille...

Mais que devient la source dans tout cela ?

C’était sur la margelle d’un puits. Jésus dialoguait avec une femme de Samarie.

On parlait d’eau, de l’eau du puits et d’une " source jaillissant en vie éternelle ". (Jean, 4, 14).

Jésus n’enferme pas, il n’endigue pas, il libère les sources cachées.

Son attitude envers les femmes dans l’évangile est révolutionnaire, n’ayons pas peur du mot. Son existence ici bas avait commencé avec le "oui" d’une jeune fille et ce sont les femmes qui furent les premiers témoins de Sa Résurrection.

Il ne pouvait en être autrement. Des deux composantes de l’humanité ce sont elles les plus disponibles, les plus réceptives (la vraie virginité, c’est cela bien plus qu’une intégrité physique ).

Alors pourquoi avoir peur que les sources deviennent torrent et rivières, qu’elles se mettent ensemble et deviennent fleuves ?

Cela ne peut être que pour le bien de notre monde bien trop caillouteux et desséché.

Cela ne pourrait-être que pour le bien de notre Église par trop masculinisée et donc aride.

Par son Assomption Marie n’a pas été "enlevée " au ciel, elle a plongé en Dieu, ce qui veut dire que, comme Lui, avec Lui, elle est maintenant on ne peut plus proche aussi en humanité.

Comme Lui amoureuse, accueillante, source généreuse de vie, dans le présent de cette race en continuel enfantement et devenir…

franzi


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